Je dois dire que je l'attendais celui là, peut être un peu trop ; j'en sors mitigé même si j'ai globalement apprécié.
Parlons d'abord des points positifs : formellement, c'est très beau, Michael Mann qui n'avait pas tourné pour le cinéma depuis 9 ans n'a rien perdu. La photo est magnifique, elle m'a souvent rappelé Fincher, ce qui est assez logique vu que c'est le directeur de photographie de ce bon David qui est à la manœuvre. La reconstitution de l'Italie des années 50 est impeccable, on voit à l'écran le budget de plus de 100 millions de dollars. Les séquences de courses sont très réussies, la sensation de vitesse est vraiment bien rendue et l'on ressent le danger qui plane au dessus des pilotes à chaque instant.
Au niveau du casting, les acteurs, Adam Driver et Pénélope Cruz en tête sont tous excellents mais mais mais...Ayant vu le film en VO, j'avoue avoir eu du mal avec le choix de Mann de diriger ses acteurs en langue anglaise en leur faisant insister sur un fort accent italien. Voir Enzo Ferrari parler avec sa femme en anglais avec des intonations typiquement Italiennes, ça m'a sorti du film parfois. Mais ce n'est pas ce qui m'a dérangé le plus.
Non, pour moi le principal problème est que le film a le cul entre deux chaises, on oscille en permanence entre la vie professionnelle d'Enzo et sa vie privée. Si je comprends bien qu'il faille aborder la vie perso de Ferrari, surtout qu'elle a de l'influence sur l'entreprise en elle même, pour moi cette partie prend trop de place dans le long métrage. Je suis sans doute primaire mais j'étais là principalement pour voir des bagnoles rouges qui vont vite, et pas une histoire de coeur entre la femme trahie et la maîtresse, je voulais un film de course et pas un vaudeville, j'en sors un peu frustré.
Ferrari est à mon sens un biopic qui va diviser, mais s'il n'est pas le chef d'oeuvre dont je rêvais, la reconstitution et les scènes de courses en font un film que tout amateur de bagnoles se doit de voir.