La famille, les amis, les proches et les intimes. Tous sont conviés dans un grand manoir afin de célébrer les 60 ans du patriarche Helge Klingenfelt. Pendant les festivités, chacun s'égare dans les mondanités et les faux semblants, mais ils se voilent allègrement la face.

Car non, l'ambiance est loin d'être à la fête. La famille va mal, très mal. Plus nous apprenons à la connaitre, plus elle semble déséquilibrée, perturbée et traumatisée par un tragique événement, le suicide quelques temps auparavant de Linda, une des filles d'Helge et la sœur jumelle de Christian.

Alors que personne ne s'y attend vraiment, Christian (un des fils) se lève brusquement au cours de la soirée, pour faire un discours et révèler de terribles secrets sur sa famille. Sur un ton calme et tranquille, qui se veut décalé, il raconte que son père les violaient lui et Linda pendant leur enfance. Personne ne veut y croire, personne ne veut (re)connaître cette vérité qui fâche et qui dérange. Certains la connaissent mais la cachent volontairement à eux-mêmes et aux autres.

Puis, on assiste à une montée creshendo de la tension au fur et à mesure des différentes révélations de Christian, qui revient constamment à la charge pour harceler verbalement les invités et leur faire prendre conscience de la réalité de son passé. Quand la fête tourne définitivement au cauchemar, cela débouche sur une explosion finale de la cellule familiale avec un déferlement de violences incontrôlées.

Ici les choix de mise en scène ont une grande importance car ils produisent des effets inédits sur le spectateur. "Festen" est presque entièrement tourné caméra à l'épaule façon "cinéma amateur" dans une optique poignante de realisme. Souvent mouvante et tremblotante, la caméra traduit parfaitement la situation de conflit et de traumatisme, en déstabilisant et en troublant le spectateur. Intenses et nerveux, les mouvements de caméra vont à contre-courant en s'opposant sans cesse violemment au mouvement des personnages.

Cette oeuvre pose une question essentielle, presque philosophique : "La vérité est-elle toujours bonne à dire, ou à entendre ?". Thomas Vintenberg livre une réponse pleine d'ambiguïtés avec le puissant regard final de Christian qui vous fera vite oublier le regard final culte de "Psychose".

En conclusion, "Festen" est une oeuvre choc, brutale et glauque sur la violence du déni, réflexion hautement passionnante sur la vérité. Une excellente réalisation accompagnée d'une multitudes de personnages tous aussi attachants et touchants malgré leur défaut, leur terrible nature et le poids de leur action. J'ai rarement vu une œuvre aussi sincère, tragique, émouvante et traumatisante, qui n'a besoin d'aucun artifices pour livrer son propos fort en émotions.
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