Certains films sont comme les gâteaux qu’on trouve dans les toons… Un glaçage parfait et particulièrement soigné, pour un contenu extrêmement toxique. Fido fait partie de ce genre. Impeccablement travaillé au niveau de sa direction artistique, nous appréhendons une société lisse et aseptisée où même l’arrivée des zombies, fléau qui s’est abattu sur la terre suite au passage d’un nuage nucléaire, ne semble pas poser de problème puisqu’ils ont été domestiqués grâce à la Compagnie ZomCom, toute puissante depuis. Mais dans tout système il y a une faille. L’amour dans le cas présent. C’est de ce point de départ qu’Andrew Currie va nous lâcher une diatribe assez réussie sur la société type américaine… Il n’épargne rien, ni personne usant de paraboles contre l’exploitation des « étrangers », fussent-ils proches, il égratigne les relations familiales, et porte un jugement sévère contre l’homme qui courre après une espèce d’immortalité, non du corps, mais de l’esprit. C’est parfois un peu longuet, mais toujours désopilant en tant que farce loufoque. On y rit beaucoup, et l’on compte les coups non sans une certaine délectation. Une œuvre originale, venant tout droit du Canada à ne pas bouder…