8
540 critiques
Deux femmes
Ayant délaissé pour un temps mes amours au pays du soleil levant, j'ai renoué hier soir, le temps d'un rendez-vous de 2 heures, avec Ozu, quitté lors du beau et triste Voyage à Tokyo. Après le noir...
le 13 févr. 2012
Le film reprend le thème du mariage arrangé qu'Ozu avait abordé deux ans plus tôt dans "Fleurs d'équinoxe". A ceci près qu'il ne s'agit plus de parents soucieux de trouver un mari bien comme il faut à leurs filles mais de trois amis qui se mêlent de vouloir remarier une jeune veuve, de qui ils étaient tous trois amoureux jadis, et de marier sa fille également.
C'est le modèle patriarcal qu'égratigne ici Ozu, à travers trois quinquagénaires qui, dans une belle séquence de comédie seront remis à leur place par une jeune fille leur reprochant leurs manoeuvres. Car le film est une comédie, même si on y sent parfois l'amertume de son auteur.
On retrouve dans "Fin d'automne" les fidèles comédiens du cinéaste, son compositeur attitré car la musique est omniprésente; on retrouve aussi les plans fixes splendides, géométriques et rectilignes, qui sont chacun une composition élaborée et auxquels la couleur donne une beauté supplémentaire. On est en pays de connaissance (notamment par la grande familiarité avec "Fleurs d'équinoxe") que ce soit sur un plan formel ou dans le contenu, essentiellement des scènes d'intérieur, avec détours fréquents vers un débit de boisson (péché mignon d'Ozu)! Et on ne compte plus les plans où le cinéaste pose dans le décor, comme un fétichisme, des bouteilles de bière ou des canettes de soda.
L'ironie subtile d'Ozu, par rapport à ses personnages masculins qui sont sa génération, est la forme d'humour qui caractérise le film, car sa réalisation, toujours sur le même tempo, ne vise pas à la farce ou au vaudeville "à l'occidental" tel que le sujet pourrait l'y porter. La simplicité du récit permet en outre de s'immerger complètement dans la culture japonaise de l'après-guerre, et cela fait pleinement partie de l'intérêt que revêt le cinéma d'Ozu.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Ozu 1903-1963
Créée
le 17 oct. 2024
Critique lue 4 fois
8
540 critiques
Ayant délaissé pour un temps mes amours au pays du soleil levant, j'ai renoué hier soir, le temps d'un rendez-vous de 2 heures, avec Ozu, quitté lors du beau et triste Voyage à Tokyo. Après le noir...
le 13 févr. 2012
8
1442 critiques
Onze années après le remarquable Printemps Tardif, Yasujiro Ozu en propose une variance avec Fin D'automne, où ce n'est plus un père qui laisse planer le doute sur ses intentions pour pousser sa...
le 3 déc. 2018
10
65 critiques
Comment trouver un époux pour la fille et pour la veuve d'un ami cher quand on est soi-même émoustillé par la première ou amoureux de la seconde ? Sur ce sujet de comédie, Ozu construit une œuvre...
le 19 juin 2011
4
4287 critiques
Jadis père indigne, aujourd'hui vieillard énigmatique et ambigü, Maurice réapparait sans raison apparente et prend pension chez son fils ainé, lequel voue pourtant à son géniteur une rancune...
le 17 oct. 2024
4
4287 critiques
"Ran" est la transposition fidèle du Roi Lear dans le Japon tribal d'un siècle incertain. Si les personnages sont évidemment d'une autre nature et d'une autre expression, l'histoire et les thèmes de...
le 3 mars 2025
4
4287 critiques
Sébastien Grall évoque un aspect méconnu de la seconde mondiale, côté français. Tout autant méconnu est resté l'officier français qui dirigea le camp de prisonniers civils allemands des Milles,...
le 17 oct. 2024
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème