C’est une relecture délicieusement punk du genre du documentaire historique, qui capte l’humour et l’esprit rebelle d’un peuple ayant appartenu à « huit ou neuf pays différents » au cours du XXᵉ siècle, ayant parlé plusieurs langues, mais ayant pourtant réussi à conserver une identité propre et distincte.
Cet intrigant documentaire du cinéaste croate Igor Bezinović est à la fois un opéra comique et un message glaçant venu du passé.
Fiume o morte! explore la nature dangereuse et, paradoxalement, émancipatrice du fascisme, et la manière dont certaines formes d’agression peuvent sembler permises sous un régime qui gouverne par des édits aussi inhumains.
Des idées solides sous-tendent tout ce cosplay historique en apparence léger, tandis que Bezinović lui-même croate s’interroge sur la réputation de D’Annunzio de part et d’autre de la frontière italo-croate, et, par extension, sur les effets sociétaux à long terme quand des despotes ratés sont soit romantisés, soit entièrement oubliés.