Après le naufrage presque assumé du premier opus (que j’avais noté 3/10 ), 5NAF2 arrive avec un peu plus de moyens, un peu plus d’ambition, et ça se sent. Désormais produit avec un budget plus confortable (le premier avait réussi l’exploit de rapporter près de 297 M$ avec un budget modeste), le film montre un effort : effets, animatroniques, direction artistique, atmosphère… certains éléments fonctionnent mieux, parfois vraiment bien. Mais l’ensemble reste bancal — toujours balisé, souvent prévisible, et au final à peine divertissant.
Le point fort, c’est l’ambiance. Le film profite des animatroniques améliorés, des décors plus travaillés, de maquillages et de créatures aux textures convaincantes. Quand les lumières clignotent, que les ombres s’allongent, que le bois craque — là, le cauchemar prend un peu de chair. On sent l’intention de plonger le spectateur dans un huis clos angoissant, oppressant, avec cette idée que l’horreur peut surgir à tout instant.
Mais c’est là que le bât blesse : le souci, c’est le scénario. On reste sur un cahier des charges tellement vu mille fois: la menace revient, les protagonistes enquêtent, les morts s’enchaînent, que même les quelques bons jump-scares finissent par sonner creux. Le film navigue entre surenchère d’effets et manque de vraisemblance, entre tentatives de frayeur et dialogues fonctionnels. À vouloir trop italieniser l’horreur, 5NAF2 finit par ressembler à une galerie d’effets plutôt qu’à un vrai récit construit.
Côté jeu d’acteurs, ça va on va dire, les visages sont là, les peurs sont jouées, les cris aussi. Mais rien ne transcende. On ne croit pas à une véritable fragilité psychologique, ni à une montée de terreur authentique. Le film reste au niveau d’un divertissement évident -pas toujours glorieux, parfois maladroit- mais qui peut fonctionner si on baisse les attentes.
Alors oui : 5NAF2 se regarde, parfois il fait sursauter, parfois il amuse… et c’est déjà ça. Il y a eu un vrai bond en termes de moyens depuis le premier, et ça donne des séquences visuellement correctes. Mais il reste le spectre d’un film d’horreur calibré, sans grande ambition, qui ne s’aventure jamais dans le trouble, la subversion, le cauchemar viscéral.
Bref un petit 5/10 pour un métrage un peu mieux fini, un peu plus léché, mais toujours peu ambitieux. À voir si tu as envie d’un frisson facile, mais ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler un grand film d’horreur.
A découvrir à l'occasion sans attentes.