17 mai 2007, le monde cinéphile découvre lors du Festival de Cannes le nom du réalisateur et scénariste roumain Christian Mungiu, à travers la projection coup de poing de "4 mois, 3 semaines, 2 jours", qui recevra légitimement la palme d'or quelques jours après.
Depuis presque 20 ans sa filmographie devient œuvre, tant chaque film confirme son immense talent de cinéaste et de remarquable conteur.
Cette année il revient en Compétition avec son sixième film délocalisé cette fois-ci, loin de sa terre natale, en suivant l'installation des Gheorghiu, une famille roumaine évangéliste (le père incarné par l'excellent Sebastian Stan, la mère interprètee par la formidable Renate Reinsve, et leur cinq enfants) sur les terres norvégiennes.
Inspiré par plusieurs affaires récentes le récit prend le temps de la judicieuse mise en place au milieu de superbes décors pour montrer l'implantation sociale de ces nouveaux habitants émigrés à l'éducation très stricte.
Jusqu'au jour où la professeur d'éducation physique et sportive découvre quelque chose d'inquiétant par le biais d'un des enfants de cette famille fraîchement arrivée.
La classique mise en scène très maîtrisée va transcender cette découverte, et faire glisser la brillante narration méticuleuse sous la forme d'une chronique sociale vers un drame psychologique tendu et judiciaire de haute volée où les différentes langues (roumaine, anglaise,norvégienne) ajoutent à la perception divergente des faits et des questionnements moraux.
Ce puissant long métrage sans esbrouffe ausculte intelligemment et de manière troublante la complexité des comportements humains, des préjugés et le choc des cultures entres les progressistes norvégiens et les traditionalistes roumains sans juger ce qui ne rend pas le film moins implacable. Tranchant et cruel. Un grand film !