Superbe film en ce qui concerne la réalisation et les possibilités de débat qu'il ouvre. Lors de la conférence de presse à Cannes, Mungiu ne se cache pas d'avoir réalisé un film polémique qui cherche à dénoncer les extrémismes des idéologies conservatrices et progressistes. C'est là que le bât blesse. Le film prend le parti du conservatisme, le spectateur est amené à partager le point de vue d'une famille exilée et donc à avoir de l'empathie pour une famille évangéliste qui prône les châtiments corporels comme méthode d'éducation, la bible comme source de savoir, l'homophobie... Lors du procès, pour dépeindre une société wokiste, on reproche à l'assistante sociale de ne pas avoir d'enfants et de manière perverse, on renverse les valeurs en demandant à la mère évangéliste de quitter son emploi pour s'occuper de ses 5 enfants. Afin de bien dénoncer le progressisme, envisagé comme une idéologie extrémiste par Mungiu, on enfonce le pathos en séparant les deux jeunes amies pour nous faire comprendre que l'intolérance n'est pas là où on le croit. Un renversement des valeurs s'opère alors de manière perverse et les spectateurs pourront sortir de la salle en se disant que finalement la fessée, ça n'a jamais tué personne et qu'interdire à un enfant d'aller sur You Tube, ça a du bon. Un film rance, brun, à l'image de ce qui sourd partout en Europe.