Soirée diptyque : Dancing the 80s (1/2)
A l’approche des fêtes, les plateformes nous envoient les péloches cultes. L’occasion parfaite pour rattraper des lacunes dans une soirée diptyque qui commence sur Flashdance avant d’embrayer sur Footloose. Deux films marqueurs des années 80, surtout pour la gente féminine, qui viennent faire une trilogie thématique logique avec Dirty Dancing (on pourrait mettre Fame pour une tétralogie, mais je ne suis pas sûr que l’aura de ce dernier soit aussi forte).
Flashdance, c’est l’envie de revisiter Saturday Night Fever, ou encore Rocky (jusque dans la Pennsylvanie qui sert de décor) : une extraction d’une misère sociale par le sport, par la danse, que ce soit celle de la scène ou du ring. Une extraction par le sens donné à une vie, plutôt qu’à un changement de classe sociale. Mais cette envie ne dépasse jamais le stade d’intention pour une raison toute simple : on ne ressent jamais la difficulté de la vie de Jennifer Beales.
C’est une soudeuse qui ne ressent jamais la pénibilité de son travail, qui vit dans un entrepôt aménagé dont la seule défaillance est un radiateur qui fuit, qui possède un pitbull pure race, et dont la liaison avec son patron (et le favoritisme qui va avec) ne pose jamais le moindre problème à ses collègues ou à son éthique personnelle (une vague réticence de principe initiale sera très vite balayée). Et tout ceci à 18 ans. Etant donné que son travail de danseuse nocturne semble plus porté par la passion que par la nécessité, on aura bien du mal à ressentir la moindre trace d’injustice sociale, de volonté prolétaire d’une vie meilleure. Sa quête est ainsi assez vaine et l’empathie quasi absente, quand bien même la demoiselle est aimable. La seule piste allant dans le bon sens, celle de sa copine qui passe d’un cabaret vêtu (légèrement, certes) à un strip intégral dans un club glauque, est mise à mal par une justification romantique de ce changement d’employeur plutôt que par un besoin financier.
Flashdance, c’est donc du vent dans ce que ça raconte, et c’est sans aborder le vieillissement des relations hommes-femmes (différentiel d’âge, ingérences non invitées dans les affaires de l’autre, male gaze…) qui sont majoritairement dû à un changement de regard du au passage du temps. Ne reste qu’à reconnaître les talents athlétiques de la comédienne, des chorégraphies résolument 80s qui dynamisent l’image malgré la platitude de la mise en scène (Adrian Lyne, un peu avant Jacob’s Ladder), et un caractère sexy indéniable à l’ensemble.
On aurait pu se contenter d’un clip de Michael Sembello (“Maniac”) ou Giorgio Moroder et Irene Cara ("Flashdance... What a Feeling") plutôt que de se farder 1h30 bien creuse, puisque c'est au final tout ce qui reste du film.