Soirée diptyque : Dancing the 80s (2/2)
A l’approche des fêtes, les plateformes nous envoient les péloches cultes. L’occasion parfaite pour rattraper des lacunes dans une soirée diptyque qui commence sur Flashdance avant d’embrayer sur Footloose. Deux films marqueurs des années 80, surtout pour la gente féminine, qui viennent faire une trilogie thématique logique avec Dirty Dancing (on pourrait mettre Fame pour une tétralogie, mais je ne suis pas sûr que l’aura de ce dernier soit aussi forte).
Si Flashdance allait piocher du côté de Saturday Night Fever, Footloose ira plutôt calquer son ambiance sur celle de Grease. On suit des lycéens avec tout ce que cela comporte de romances bourgeonnantes, de bad boys qui font rêver les midinettes et de pimbêches inaccessibles, de bullies à qui l’on rendra la monnaie de leur pièce et d’escapades rebelles. A la différence que le déplacement de l’action dans la cambrousse de l’Utah voit les bolides vintages de Travolta remplacés par des tracteurs.
L’autre différence tient à la nature du récit et son message. La simple possibilité que la danse soit interdite dans un comté plonge immédiatement dans une incrédulité le spectateur européen qui ne pense pas qu’une telle chose soit possible, même chez ces puritains d’américains. Que des lois ciblées sur la danse existent, que ce soit par une ségrégation raciale ou sexuelle, n’étonne personne, mais que le simple fait de danser soit punissable par la loi. Et pourtant, c’est bien la cas de la ville intégriste d’Elmore City en Oklahoma qui a inspiré le scénario du film, et où le ban fut en vigueur jusqu’en 1980, année où un groupe de lycéens à voulu organiser un bal de promo. Ce sont des fous, portés par un révérend qui lâchait ce genre de phrases :
“Jamais rien de bien n’est sorti d’une danse. Si vous faites une soirée dansante, quelqu’un va débarquer à l’improviste et cette personne ne cherchera que deux choses : des femmes et de l’alcool. Quand les garçons et les filles se tiennent, c’est l’excitation sexuelle. Croyez ce que vous voulez, mais une chose mène à l’autre.”
Du pain béni pour Hollywood qui va livrer un film pour une jeunesse adolescente qui veut se rebeller contre la génération des parents, mais tout en sagesse. Car s’il s’agit bien dans Footloose de bouleverser l’ordre établi, ça va se faire dans un consensus plutôt que dans l’outrage. Le film est ainsi très chaste comparé à Flashdance, et n’ira jamais froisser qui que ce soit. Car finalement, tout ce que veulent les enfants de cet ersatz d’Elmore City, c’est être relégué au même rang que toutes les autres villes du pays, pas plus. Les revendications s’arrêtent à l’élection d’une prom queen, on n’est clairement pas dans la subversion, mais simplement dans un désir de liberté normative.
Une fois que l’on a dit cela, il faut reconnaître à Footloose un certain charme dans son académisme. La photographie est jolie, le star power en devenir bien présent (Kevin Bacon, John Lithgow, Sarah Jessica Parker, Chris Penn…), et les morceaux musicaux de Kenny Loggins et Bonnie Tyler bien entêtants. Ça ne décolle jamais bien haut, mais la séance est agréable et on comprend aisément le statut culte pour une génération. Je vais enfin pouvoir parler sérieusement avec ma cousine tout juste quinqua !