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1998-2018. Et toujours en été. Entre la sortie de La vie rêvée des anges, son premier film très apprécié, et celle de Fleuve noir, diversement accueilli, Erick Zonca n'a tourné que Le petit voleur (pour Arte) et Julia. C'est peu. Fleuve noir a mis beaucoup de temps à parvenir sur les écrans et sa date de sortie tendrait à démontrer que son distributeur ne savait pas trop comment le valoriser. A priori polar, autour de la disparition d'un adolescent, le film s'attache d'abord à créer une atmosphère, poisseuse et toxique, dominée par trois personnages. Le flic, cheveux gras et idées fixes, est la caricature volontaire du policier de littérature (ou de Columbo, si l'on préfère), aviné et solitaire mais tenace. Cassel surjoue beaucoup mais ne sombre jamais dans le grotesque. Le suspect (Duris, étonnant) et la mère (Kiberlain, en deçà de son niveau habituel) complètent ce trio mal assorti dans une ambiance sordide. En oubliant une intrigue parallèle sans intérêt (le flic en conflit avec son fils), Fleuve noir ne vaut le déplacement que pour la confrontation entre Cassel et Duris et un peu pour les visites du premier chez Kiberlain. Avouons-le, on se fiche du récit policier autant que Zonca, ce qui au passage permet de négliger un rebondissement final atroce. On tient là un vrai film malade, bourré d'imperfections, hirsute et cahoteux et, de ce fait même, beaucoup plus intéressant que nombre d'oeuvres bien peignées et consensuelles.
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Créée
le 21 juil. 2018
Critique lue 2.2K fois
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le 8 juin 2018
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