Hollywood continu son recyclage des "universal monster" et tente une approche fidèle du roman de Mary Shelley. C'est l'auteurisant Kenneth Branagh qui s'y colle et s'offre le rôle du célèbre scientifique.
Chapeauté par Francis Ford Coppola, le résultat est un spectacle total, baroque et d'une générosité folle, mais qui pèche parfois par excès de zèle.
Il est intéressant de voire la créature, superbement interprété par De niro , dans un registre autre qu'une brute décérébré. Abandonné par son créateur dés la "naissance" et rejeté par la foule, le monstre est un être tragique, contraint à l'isolement, mais surtout intelligent et conscient de sa nature. Sa vengeance est légitime et , las des hommes, la créature refusera la seul main tendu et préfère poursuivre seul son funeste destin.
Le film suit les grandes lignes que l'on connait déjà: présentation de Frankenstein, fabrication de la créature, le rejet, la créature chez l'aveugle, la vengeance, la création de la "fiancée"..
Bien que Branagh soigne les décors et l'esthétique, il traite son film comme du Shakespeare, la caméra tourne constamment à 360 degrés, les acteurs (Branagh en tête, souvent torse nu et hurlant à la lune) surjouent le mélodrame, et le rythme est tellement effréné qu'il étouffe parfois l'émotion. Ce Frankenstein n'est pas le chef-d'œuvre absolu qu'il aurait pu être, la faute à l'ego de son réalisateur qui confond parfois intensité et hystérie. Cependant, il reste la version cinématographique la plus complète, la plus fidèle à l'esprit romantique de Mary Shelley, et visuellement l'une des plus impressionnantes. Enfin, c'était avant la version de Del Toro.