Dans la série des films sur le baron Frankenstein, celui-ci est particulièrement surprenant à plusieurs titres. D'abord parce qu'il met beaucoup de temps à démarrer. On doit attendre 45 minutes - le temps d'admirer la mise en pli croquignolette de Peter Cushing - avant que les choses sérieuses commencent. Mais quand le film démarre, il se lâche totalement et nous embarque pour 45 minutes d'horreur bien relevée. Au menu, rencontre avec un monstre qui ne fait, pour une fois, pas mentir le titre, sorte de croisement entre Chabal et Demis Roussos, suivie d'un impressionnant enchaînement de charcutages divers et un lynchage final d'une brutalité étonnante.
Je ne m'attendais pas du tout à une telle barbarie. Les effets spéciaux et les maquillages à l'ancienne sont vraiment réussis, notamment lors des opérations chirurgicales filmées in extenso avec force détails gore. C'est amusant d'entendre Peter Cushing commenter froidement la section des nerfs optiques, des nerfs crâniens et de la moelle épinière. Sacré baron ! Il ne manque d'ailleurs pas d'humour, comme quand il examine un plateau de globes oculaires et se demande quelle couleur d'iris conviendrait le mieux au monstre. Il y a aussi cette scène démente où il aide son assistant à suturer une veine et une artère en tenant la veine entre ses dents !
Le gore prend clairement le pas sur l'esthétisme. Tout le film se passe dans un asile d'aliénés dépouillé. Exit les jolies lumières colorées, les décors aux couleurs vives et les costumes luxueux. La seule couleur vive que vous verrez en abondance, c'est celle du sang.
Peter Cushing est encore plus émacié que d'habitude. C'est un effet spécial à lui tout seul. Le monstre hyper baraqué et velu est joué par David Prowse/Dark Vador. Il porte un impressionnant masque simiesque et des prothèses volumineuses qui recouvrent tout son corps. Physiquement, c'est très réussi et ça change des créatures précédentes. En revanche, ça ne favorise pas l'expressivité.