Comme toujours avec Terence Fisher, c'est un plaisir pour les yeux : les couleurs sont magnifiques (ce rouge !), le labo du baron Frankenstein est une féérie visuelle et ludique, les décors et les costumes sont jolis. Peter Cushing, froid et obsédé, est fascinant et parfaitement inquiétant.
Mais cette variation autour du roman de Mary Shelley a un truc en plus qui me fait craquer : c'est la créature de Christopher Lee. Son look - maquillage comme tenue vestimentaire (j'ai le même manteau ^^) - est très différent de celle de Boris Karloff. C'est un mélange de maquillage macabre et d'élégance étrangement séduisant. Physiquement, il est plus humain et le côté "monstre" est moins prononcé (pas de visse dans le cou, de crâne disproportionné ni de taille gigantesque).
Il est aussi très différent dans son comportement, beaucoup plus primaire, plus ouvertement agressif et donc moins touchant. Il ne cherche jamais à communiquer avec les humains et ne semble pas souffrir de son état. Fisher en fait une force du mal sans âme qui tue tout ce qui passe à sa portée, par strangulation de préférence.
Fisher réserve l'ambiguïté et la complexité au personnage de Frankenstein qui devient le héros de l'histoire, contrairement au film de James Whale. Christopher Lee n'apparaît qu'à la 50e minute et a peu de temps de présence. Mais son apparition, même si elle est muette, est intense et marquante.