Freaks Out – Les X-Men Italiens !
Après l'excellent On l'appelle Jeeg Robot, Gabriele Mainetti revient avec un pur film de divertissement encore plus ambitieux et plus fou !
Basé pendant la Seconde Guerre mondiale, Freaks Out nous raconte l'histoire de quatre « freaks » ayant tous des pouvoirs différents, le Loup-garou avec sa forte pilosité et une puissance supérieure à la normale, un homme qui peut contrôler les métaux, un jeune garçon qui commande aux insectes et enfin une jeune fille, Matilde, qui contrôle l'électricité.
Après diverses attaques par les Nazis, le petit groupe fera la rencontre d'un cirque allemand où la tête d'affiche est un pianiste pouvant voyager dans le temps qui recherche d'autres surhommes pour les livrer à Hitler et gagner la guerre.
Avec une telle histoire, difficile pour le réalisateur de pouvoir déployer toute son ambition (venant d'Italie, il n'a pas les mêmes moyens que des blockbusters Hollywoodiens), pourtant, Marinetti donne une force, un vertige, une folie démente dans cette aventure à couper le souffle.
Pas une seule séquence n'est dépourvue d'inventivité, les moments de bravoure et de cinéma s'enchaînent à très haute vitesse, décrochant la mâchoire des spectateurs à de multiples occasions !
Le film commence d'ailleurs par une introduction magnifique, présentant les personnages alors qu'ils font une représentation dans leur petit cirque. Aucun dialogue, la musique qui change en fonction des pouvoirs de ces freaks. Cette fausse simplicité permet au spectateur de tout comprendre en une seule séquence, qui sont ces personnages, leurs relations entre eux...
Parmi les moments forts, comment ne pas penser à cet Allemand pouvant voyager dans le temps, qui sait donc que Hitler perdra la guerre et sa vie, qui joue Creep de Radiohead au piano alors que l'on est dans les années 40 !
Évidemment, quand on s'attaque à des personnages qui ont des pouvoirs, il faut aussi savoir les mettre en valeur. Et là aussi, c'est une grande réussite ! Malgré son maigre budget pour un film de cette ampleur (le film à coûté quasi autant que Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?) Mainetti film les scènes d'action avec une belle virtuosité. Il y a de vrais morceaux de bravoure, impressionnants et très bien réalisés avec des effets spéciaux de qualité, bien que pas au niveau des plus gros films américains.
Pourtant, les scènes d'action nombreuses sont toutes plus impressionnantes et généreuses les unes que les autres. Le face-à-face final n'a absolument rien à envier aux grands films de super-héros avec des beaux effets pyrotechniques et d'explosions. Le tout est servi par une photographie somptueuse proche d'un Del Toro.
Si la mise en scène est si impressionnante, c'est parce que toute la direction artistique est, elle aussi, fabuleuse ! La reconstitution d'une Italie dans les années 40, les costumes, les maquillages, tout est parfaitement exécuté pour participer à l'immersion des spectateurs et leur donner des images somptueuses.
Si l'on pouvait émettre un défaut, ce serait le rythme du film qui faiblit avant le dernier acte (il dure quand même 2h20), mais c'est vraiment pour chipoter !
On a affaire à un très grand divertissement qui met une bonne claque aux spectateurs, mais aussi aux productions aseptisées que l'on peut avoir outre-atlantique. Oui, les Européens peuvent faire de grandes œuvres, grands publiques et impressionnantes !