La nostalgie des années 80 est une nouvelle fois de mise avec ce Freaky Tales, film réalisé par le duo Anna Boden et Ryan Fleck qui retrouvent un budget modeste après leur détour par le blockbuster Captain Marvel en 2019. Devenu trop souvent un argument marketing pour séduire des geeks bedonnants et nostalgiques bien plus qu'une sincère déclaration d'amour à l'époque, c'est ici l'année 1987 (pour info les deux réalisateurs et scénaristes avaient onze ans à l'époque) qui est mise à l'honneur à travers un film à sketchs sympathique mais au final assez moyen.
Composé de quatre récits qui finiront par s'entrecroiser au sein d'une même intrigue autour d'une mystérieuse lumière verte fluorescente descendue du ciel, Freaky Tales nous embarque du côté des outsiders avec des jeunes punks qui décident de s'opposer à une bande de skinheads, deux rappeuses qui cherchent à faire leur preuve, un joueur de basket adepte de chambrara et un homme de main en quête de rédemption.
Une nouvelle fois ce Freaky Tales nous balance toute la panoplie de la nostalgie bon marché avec format 4/3 , drops d'images et parasites type vieille VHS, brûlure de cigarettes au coin de l'écran et multiples références visuelles et citations plus ou moins directes au cinéma de cette époque. On va donc voir Génération Perdue dans un cinéma qui affiche aussi Creepshow 2, on parler de louer Sid And Nacy ou La Mouche et décor de vidéoclub oblige on cite par l'image Bruce Lee, Jack Burton ou La Nuit des Morts Vivants. Un peu plus subtil on se retrouve avec un personne fringué comme Matt Dillon dans Rusty James et un hommage explosif et très appuyé à Scanners de Cronenberg. En revanche d'un point de vue narratif seuls les deux premiers segments viennent s'inscrire un peu dans l'esprit de l'époque avec les rivalités punks VS skins et l'éclosion du rap ; pour le reste les deux dernières histoires n'ont pas une saveur eighties toute particulière. Si Freaky Tales est en partie construit comme un film à sketchs, les différents récits s'entrecroisent et se répondent dans un structure et un esprit vaguement inspiré par le Tarantino de Pulp Fiction. Dialogues à la cool, digression sur le cinéma des outsiders, personnages multiples, inspirations divers qui vont du cinéma asiatique au cinéma d'horreur en passant par la culture hip-hop, séquences d'animation, on a une nouvelle fois la sensation d'une sauce qui sent un peu le réchauffée quand bien même l'ensemble tient la route et se laisse regarder. Comme souvent on pourra surtout tiquer sur quelques effets de mise en scène tape à la rétine un peu trop appuyés et l'utilisation d'artifices et effets spéciaux numériques un peu en contradiction avec l'esprit intrinsèque au film.
Le film n'est clairement pas désagréable à suivre et l'on pourra même reconnaître au duo de réalisateurs une certaine fraîcheur dans l’art du réchauffé. Niveau casting on notera les présences de Pedro Pascal toujours aussi bon, de l'excellent Ben Mendelsohn ( Misanthrope) et un prestigieux caméo que je me garderai bien de révéler ici puisqu'il constitue un des rares véritables plaisir du film.
Pourtant au bout du compte rien n'accroche au delà de l'anecdotique dans Freaky Tales qui finalement déroule un contenu assez convenu et sans la moindre audace, à moins que le film n'est tout simplement déjà douze métros de retard dans l'exploration nostalgique de l'époque.