Jean Renoir tourne une version largement romancée de la création du Moulin Rouge à Paris. Où comment un gérant de salle a l'idée de voir grand et de ressusciter le cancan, vieille danse ringarde.
C'est une plongée dans le monde du spectacle, et une série de romances très... françaises. Où notre gérant tourne autour de plusieurs femmes, et ça va se chahuter entre les amants fortunés, les petits amis troubles, et les amoureux transis. Le tout de manière un peu tragique, souvent guillerette.
Cette partie-là de l'intrigue n'est pas la plus passionnante, d'autant que sa morale est vue d'aujourd'hui sacrément douteuse. Notre protagoniste s'accorde en effet le droit de coucher avec n'importe quelle danseuse au nom de l'amour du spectacle. Car en réalité il n'est là que pour le show, il aime donc à la fois toutes les artistes et aucunes. Mouais... pas très #metoo-compatible tout ça !
S'il on met cela de côté, le film bénéficie de la présence charismatique de Jean Gabin, et de quelques seconds rôles bien colorés. Au sens propre, puisque Jean Renoir filme dans un technicolor éclatant.
Les couleurs explosent, qu'il s'agisse des ruelles parisiennes, des costumes, des décors... et du fourmillant numéro musical final, qui envoie l'artillerie lourde. C'est un vrai plaisir de voir cette reconstitution fringante du Paris de la Belle Epoque.