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La cravate qui tue
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le 5 nov. 2019
Lors d'une conférence sur les rives de la Tamise, un groupe de Londoniens découvre un corps flottant inanimé, une cravate nouée autour du cou, ce qui marque le début d'une série de meurtres récurrents dans la capitale britannique. Les années s'écoulent, les époques changent, mais le style d'Hitchcock demeure constant. Par conséquent, au terme de sa carrière, Hitchcock revisite le concept de l'innocent injustement accusé, confronté à des preuves accablantes, comme dans "La Mort aux trousses", "La loi du silence" ou "La cinquième colonne". Dans ce contexte, Richard Blaney, récemment licencié de son poste de barman, incarne l'homme ordinaire, susceptible de se fondre dans la masse londonienne, mais dont le passé le rattrape. Hitchcock l'observe attentivement, focalisant sa caméra sur ses actions et sa progression dans des situations complexes. Le réalisateur nous immerge dans un Londres obscur, où un criminel sévit, instaurant une atmosphère de violence dans la capitale britannique. De plus, "Frenzy" se distingue par cette perspective, notamment par la manière dont le cinéaste anglais capture la vie et les infrastructures londoniennes. Rapidement, le réalisateur de "Psychose" révèle l'identité du meurtrier, exploitant cet élément pour tisser des liens entre les personnages et susciter l'étonnement du spectateur. D'ailleurs il n'hésite pas à créer des intrigues secondaires, notamment avec l'inspecteur de police et sa femme apportant une petite touche de légèreté qui est clairement la bienvenue (notamment lorsqu'elle l'utilise comme cobaye de ses plats) ainsi qu'un panorama de la vie londonienne dans ce milieu-là à l'époque. On ressent aussi dans Frenzy une certaine liberté dans le ton où Hitchcock peut enfin montrer la nudité à l'écran et aborder, de manière frontale, la frustration sexuelle. L'œuvre d'Hitchcock est magistralement orchestrée, ne laissant absolument rien au hasard. L'intrigue, parfaitement construite, allie efficacité, suspense, humour noir et ambiguïté, tandis que la mise en scène est à la hauteur, créant une tension palpable aux moments opportuns. Le réalisateur passe avec ingéniosité d'un point de vue à un autre, nous immergeant dans la perspective de différents personnages sans en sacrifier aucun. Chaque plan est méticuleusement travaillé, jouant sur les détails avec une grande efficacité, tout comme la fluidité des mouvements de caméra est remarquable. Plusieurs scènes sont mémorables, à l'instar de l'introduction, de la séquence des "patates" ou du plan-séquence du maître descendant les escaliers de l'appartement de Rusk. Avec "Frenzy", Hitchcock signe, à mon avis, son dernier chef-d'œuvre, une contribution finale à son œuvre monumentale, l'une des plus marquantes que j'aie eu le plaisir d'apprécier. Il nous plonge dans un Londres oppressant, qu'il exploite avec brio pour narrer, avec intensité, intérêt, humour noir et efficacité, cette histoire de faux coupable.
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le 30 juil. 2025
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