Desplechin se rêve tragedien antique déclamant Shakespeare, Tchekov ou Joyce alors que son film est une pénible récitation théâtrale dont les artifices scéniques écœurent parfois jusqu'à l'obscene.
Il y avait pourtant matière à déclencher un formidable récit d'émancipation familiale dans cette furieuse confrontation entre deux êtres aussi dissemblables, malheureusement gâché par une partition lyrique bien trop appuyée de Melvil Poupaud et Marion Cotillard constamment en surregime.
La mise en scène essaye tant bien que mal de se fondre dans les codes d'une représentation dramaturgique, mais elle reste beaucoup trop académique et ne parvient que très rarement à nous faire vivre l'intensité des situations. C'est dommage car on sent poindre ca et la des ébauches de sentiments qui pourraient être telluriques s'ils étaient à la hauteur de leurs enjeux (notamment vers le récital final).