Le mot me venant à l'esprit lorsque je pense à « Frère et Sœur », c'est « intéressant ». C'est déjà pas mal pour un film d'Arnaud Desplechin, réalisateur que j'apprécie modérément. L'ensemble est de bonne tenue, sobre, ne cherche pas à faire dans l'émotion facile, construit une narration plutôt habile entre présent et passé pour rendre le récit plus complet, complexe, notamment dans cette relation tumultueuse entre les personnages éponymes.
Cela permet des situations intéressantes, le duo Marion Cotillard - Melvil Poupaud, malgré finalement assez peu de scènes communes, fonctionnant assez bien. On aurait quand même aimé que les seconds rôles parviennent un peu plus à exister autour d'eux, certains (surtout Patrick Timsit) réussissant toutefois à prendre la lumière. Pas trop manichéen mais parfois un peu forcé, on suit avec un certain... intérêt chacun d'entre eux, malgré des dialogues manquant souvent de naturel, donnant l'impression que Desplechin vit parfois dans un monde parallèle aux « vrais gens ».
Dommage également qu'en définitive, je n'ai jamais bien compris cette haine mutuelle l'un envers l'autre (peut-être justement parce qu'eux-mêmes ne le savent pas vraiment!), empêchant quelque peu l'immersion, l'attachement du spectateur à cette histoire familiale, à l'image d'un final assez beau mais restant dans cette logique du « moyennement crédible ». Un bon film, au potentiel en partie exploité, donc, manquant toutefois de passion, de ferveur, et surtout n'expliquant pas assez les « raisons de la colère » pour totalement convaincre de sa démarche.