Frères déconcerte tant par les lourdeurs démonstratives de son scénario, incapable de saisir les spectres du passé à l’œuvre dans le présent des personnages et qui, pour néanmoins les figurer, recourt à d’agaçantes analepses, que par la laideur de sa mise en scène, dépourvue de la moindre maîtrise. Nous ne croyons pas une seule minute à cette histoire qui jamais ne prend le temps de s’installer dans une temporalité ou dans un espace, campée par des comédiens mal dirigés et peu crédibles en patron exigeant, en mari mystérieux, en frère fusionnel. La dichotomie entre une enfance magnifiée et un âge adulte grisâtre se révèle simpliste, au service d’une tonalité mélodramatique dont la seule finalité est de faire pleurer dans les chaumières. On zappe.