Ce film indépendant américain a bénéficié d’un bon petit buzz à sa sortie aux USA il y a deux mois. Bien accueilli par la critique en général et petit succès d’estime au box-office (près de 20 M$ pour un film comme celui-là, c’est beaucoup), « Friendship » attisait notre curiosité. Sauf que si la tonalité singulière de ce long-métrage en comblera certains, il en laissera d’autres de marbre. Probablement le genre de films qu’on adore ou qui indiffère, voire qu’on déteste. Certes la détestation est peut-être exagérée mais il est clair que cette comédie difficile à catégoriser et qui ne nous a pas fait rire du tout (c’est bien dommage pour un film censé être drôle) n’a absolument pas été notre tasse de thé.
On y voit un quidam à la vie banale commençait à devenir ami avec son nouveau voisin bien sous tous rapports et présentateur météo local. Sauf que le caractère très particulier de notre homme va faire que ledit voisin va vite vouloir couper les ponts sans que notre homme comprenne. « Frienship » entend tirer son humour qu’on ne sait pas trop qualifier (entre noir, jaune, décalé, malaisant ou tout cela à la fois...) du comportement inadapté et gênant de son personnage principal et de tout un tas de situations provoquant la gêne que celui-ci va induire. Mais c’est plutôt agaçant et le personnage est tellement antipathique qu’on a plus envie de lui mettre des claques que d’en rire. Alors on a bien deux ou trois scènes qui prêtent à sourire tellement il est ridicule mais cela ne fait pas un film et on a du mal à comprendre ce que les auteurs du film ont voulu nous dire.
En outre, pas mal de situations sont peu crédibles et poussives. Peut-être par choix mais cela enfonce le clou dans le cercueil de notre indulgence. Dès lors, « Friendship » apparaît invraisemblable et certaines parties du scénario n’ont aucun sens. On pense à toute la partie se déroulant dans les égouts et les conséquences que cela amène. Comme le film s’inscrirait presque dans une veine surréaliste, renforcée par quelques séquences complètement perchées, on a vraiment du mal à se situer.
La mise en scène terne et vieillotte d’Andrew DeYoung renforce la bizarrerie de l’ensemble et accouche d’un long-métrage aussi déplaisant que vain pour ceux n’adhérant pas à la proposition. Le jeu des acteurs a beau être à la hauteur (Rudd est parfait en voisin admirable quand Robison est vraiment tête à claques et détestable) mais ce type d’humour est vraiment particulier, presque de niche, et la manière dont il nous est présenté dans ce récit tout en ruptures de ton est peu convaincant. Bref, l’ennui et l’incompréhension gagnent...
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