Notes sur le film : Capitalisant sur le cringe de Tim Robinson et la séduction cool de Paul Rudd, le cinéaste mitonne une histoire d’amitié où le trajet du personnage principal demeure plutôt incompréhensible : sa fascination pour son voisin le mène à réaliser une suite d’actions gênantes, sur fond de volonté d’intégrer une simili communauté masculine, dont son voisin est l'incarnation ultime, comme de correspondre aux traits communs de la masculinité hégémonique – habilité dans le small talk, participation ou organisation d’activités spécifiquement masculines, etc.
Mais ce désir mimétique se niche chez un personnage qui n’a, visiblement, aucun codes sociaux... tout en étant tout de même marié à une femme objectivement ravissante (Rooney Mara), et en étant le père d’un ado, avec en sus un poste valorisé dans la pub. On se demande alors comment le personnage a pu en arriver là, tout en ayant aucun sens ou presque de la vie en société.
La dichotomie manifeste entre les agissements du protagoniste aux alentours de Paul Rudd, et sa situation privée et pro, déconcerte, alors que Friendship suscite rarement les rires, et le plus souvent la consternation devant le personnage principal. On peut souligner néanmoins l’habileté de Tim Robinson à jouer avec le cringe et à l'incarner totalement.