Apparemment, il est assez courant à Hongkong de faire un film à plusieurs et Johnny To aussi bien que Wai Ka-Fai sont coutumiers du fait ! chez nous cette pratique est rarissime pour ne pas dire inexistante en raison de dissensions potentielles trop élevées je présume… mais lorsque le résultat est là, on aurait tort de se priver en fait.
Ainsi ce Fulltime Killer qui fait penser à un certain « Assassins » hollywoodien (oui, celui avec Stallone et Banderas) mais à un niveau nettement plus élevé, comme si l’on passait tout à coup au… haut de gamme. La réalisation par exemple qui utilise beaucoup de ralentis rappelle le John Woo de la grande époque (révolue, morte et enterrée, une époque que les « jeunes » ne peuvent pas connaître, eux qui biberonnent à la Bourne lobotomie).
Une approche éminemment appréciable alors que concomitamment la photographie a fait l’objet d’un soin particulier. Bien entendu, les deux réalisateurs ne singent pas John Woo (même involontairement) et leurs choix des cadres et d’un retour intempestif à un montage parfois plus désordonné leur sont entièrement imputables. Mais tout de même, c’est très classieux de leur part.
Les acteurs ont la classe également, que ce soit Andy Lau, l’habitué aux rôles de toqués ou de gars plus ou moins fourbes ou ravagés de la tête, ou bien le Japonais Takashi Sorimachi ou encore l’excellent Simon Yam qu’on ne présente plus. Quant à cette Kelly Lin, elle est vraiment aussi ravissante qu’hypnotisante !
Alors certes, le scénario se perd quand même dans quelques rebondissements (ou révélations ?) qui tombent à plat ou comme quelques cheveux incongrus dans la soupe mais tout bien considéré, nous voilà en présence d’un polar très efficace et d’une élégance rare qui n’a pas vieilli d’un iota.