Ce film est une claque.
D'abord par la mise en scène évidement. Une caméra fixe posée dans un coin de pièce qui ne bouge pas et laisse la scène se dérouler pendant de longues minutes. Ça peut paraitre relou mais c'est ce réalisme brut avec une temporalité réduite (quelques heures seulement) qui nous enferme dans cet enfer avec les personnages.
Haneke utilise les codes du cinéma pour nous piéger. Il n’y a pas de musique, c’est froid, clinique, presque comme dans un documentaire. Et c’est justement cette mise en scène qui rend la violence insoutenable car elle est réel, gratuite et sans concession. La réaction des personnages est horrible, et nous spectateurs somme là en train d'attendre la boule au ventre.
Et en plus d'attendre, l'antagoniste brise le quatrième mur et nous parle en tant que complice. Complice de cette violence qu'on subie mais qu'on encourage en même tant par notre visionnage. Ce coté méta est terriblement intelligent car le tueur est le réalisateur, il ne te laissera aucun espoir.
Pourtant j'en ai vu des films qui montrait des trucs horrible. Mais là c'est volontairement insupportable pour nous questionner et remettre en question notre rapport à la fiction.
Je pourrais en dire d’avantage comme ce dialogue final entre les deux antagonistes où ils rappelle que même dans une œuvre, la violence garde un poids réel en parlant précisément du film lui même.