Goliarda Sapienza, un nom d'autrice très célèbre désormais en Italie, mais dont le livre majeur, L'art de la joie, ne fut édité que des années après sa mort. Fuori est l'occasion de découvrir qui était cette femme, par le biais d'un film impressionniste, qui ne prend en compte que deux périodes de son existence, en prison puis libre, avec les contacts qu'elle avait gardés avec d'autres taulardes. Ces dernières années, si ce n'est pas Bellocchio ou Moretti, c'est Mario Martone qui représente l'Italie, en compétition à Cannes et son dernier film, qui ressemble un peu à un puzzle, ne fait rien pour se faire aimer, même s'il s'agit du premier biopic de l'écrivaine, si tant est qu'il en a les caractéristiques. Sapienza est une héroïne insaisissable, elle qui figura en tant qu'actrice de second plan dans le Senso de Visconti, entre autres, avant de se consacrer à la littérature, avec l'insuccès que l'on sait, jusqu'à la gloire posthume. Valeria Golino joue avec la classe qui lui est coutumière, cette voleuse, de bijoux, une fois, mais surtout des mots des autres, en prise directe avec l'Italie des années 70 et 80 et la période des attentats. Fuori est un film indolent, qui se mérite, et sans doute que Marco Bellocchio, encore lui, en aurait fait quelque chose de plus prenant. Mais le travail de Martone reste plus qu'estimable, à la rencontre d'une grande dame, anti-conformiste, qui ignorait elle-même ce que la postérité lui réserverait.