Che noia: quel ennui !
L’idée était sans doute méritoire : faire fond sur des récits de Goliarda Sapienza sur l’expérience carcérale féminine, puisque l’écrivaine a connu la prison, à Rebibbia, et s’interroge sur les liens tissés en détention avec d’autres pensionnaires de cette prison.
La narration, confuse, alterne entre l’avant et l’après-détention de Goliarda, incarnée par une surprenante, et toujours belle Valeria Golino. L’ancienne bombe sexuelle livre une interprétation sensible mais monocorde de l’autrice — posthume — de L’art de la joie.
Or autour d’elle, qui s’imprègne pareille à une éponge de l’expérience de ses compagnes de cellule, gravite notamment le personnage de la sublime Roberta, électron libre condamnée pour association de malfaiteurs, entre autres, et accessoirement héroïnomane.
Le film est peu ou prou le récit d’une relation quasi-filiale, plus que sororale, entre les deux femmes, marquée par l’esprit de liberté paradoxale de Roberta — paradoxale notamment s’agissant d’une personne addicte, bien sûr.
On s’ennuie. Le fin mot de cette relation ne nous sera donné que dans les séquences finales d’un interminable pensum : jusqu’à cette fin, prévaut un sentiment de profonde inutilité théâtrale de toutes choses, à peine enrayée par les multiples moments où l’on voit Valeria-Goliarda tirer sur sa clope tout en griffonnant sur un calepin.
Pataud et sans grand enjeu. Ennuyeux plus que nul. Dispensable. Ô combien.