Histoire vraie. Rome années 80. Goliarda Sapienza écrivaine italienne sort de prison suite à un vol. Démunie, proche de l'expulsion de son appartement, elle cherche désespérément un emploi. N'importe lequel. Le découragement est proche mais elle est restée en contact avec certaines détenues avec qui elle entretient une relation forte. Ces femmes, une surtout, la jeune et lumineuse Roberta, hélas toxicomane, va lui redonner le goût de vivre et d'écrire.
Il ne s'agit pas d'un biopic classique puisque le film ne s'attache qu'à deux périodes de la vie de Goliarda : son incarcération et sa vie à sa sortie de prison. Rapidement il devient une sorte de déambulation dans Rome rythmée par les rendez-vous de plus en plus énigmatiques de Roberta. On apprend que Goliarda est une écrivaine aujourd'hui reconnue et très célèbre en Italie, autrice de L'art de la joie roman refusé par des dizaines de maisons d'édition. Il n'a été publié que des années après sa mort grâce à l'acharnement du mari de l'autrice. Certains (la plupart) le considèrent comme un chef-d'oeuvre, d'autres comme un pavé dont il est difficile de voir le bout. Ici nous n'apprendrons rien de ce qui a motivé le refus des éditeurs. Nous verrons surtout des femmes jadis unies par un même sort vagabonder dans une Rome ensoleillée, prendre une douche ensemble (scène totalement incongrue) et tenter de se reconstruire en partie grâce à l'amitié partagée.
Ce qui vaut surtout ici, outre la douce flânerie dans Rome, c'est la qualité exceptionnelle de l'interprétation. La jeune et magnifique Matilda de Angelis s'est emparée du rôle de Roberta avec fougue, gaité et une grande mélancolie. Quant à Valeria Golino, magnifique elle aussi, elle évolue devant la caméra avec une grâce et un naturel remarquables. Son charme est irrésistible.
NB. : très joli moment où les ex détenues viennent chanter au pied de la prison pour celles qui sont encore enfermées et qui reprennent le chant derrière les barreaux.