Premier ballon d’essai et première contribution au scénario pour Shôhei Imamura juste avant Chronique du soleil à la fin de l’ère Edo du même Kawashima.
On aura rarement vu un Imamura aussi peu porté sur la perversion. S’il y a perversion, ce serait celle du fils du riche industriel. Le bonhomme se perd entre une hôtesse de bar qu’il entretient et qui l’adore, et une chanteuse de boîte de nuit qui tombe dans ses bras par intérêt (comme un ballon à la dérive…). Cette « perversion », c’est encore la lâcheté habituelle des hommes dans ces shomingeki qui semblent prendre fait et cause pour les femmes.
Imamura se plie aux exigences de son époque (et de son réalisateur) en adoptant un type de relations pour ses personnages qu’affectionnait Ozu : l’industriel ne se plaît pas dans sa nouvelle vie de riche, rêve de retrouver l’existence simple qu’il menait juste après la guerre en peignant à Kyoto, logé dans une famille pauvre. Au sein de son propre foyer, seule sa fille trouve grâce à ses yeux. Petite critique du tournant individualiste que le capitalisme nippon semble emprunter en s’éloignant d’une tradition confucéenne dans laquelle les rapports filiaux primaient encore. Le suicide de la maîtresse de son fils convainc l’industriel de changer de vie...
Commentaire ✮✮✮✰✰ complet à lire sur La Saveur des goûts amers
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