Haruki Murakami (sic), tel est le nom du patriarche du film de Yûzo Kawashima, avec un certain Shôhei Imamura, au scénario. Le récit sinue autour de la famille Murakami, le père, donc, patron d'entreprise qui regrette ses années modestes, son fils, cynique aux deux maîtresses, la mère, qui tient à son statut social, et la fille, simple d'esprit, pour certains. Ce petit monde va bouger insensiblement, avec notamment le suicide d'un personnage périphérique, et Kawashima utilise subtilement ses différents fils narratifs, tout en se gardant de tout expliquer. Le tout est enveloppé dans un parfum de mélancolie alors que le Japon prend le train du capitalisme et de l'individualisme, laissant derrière lui une partie de ses valeurs traditionnelles. Un film d'atmosphère, moins en pleins qu'en déliés, qui laisse une suave impression mêlée de joie et de tristesse.