Avec tous ces western/road-trip qui se suivent en salle, difficile de se faire une place sur la scène de l'originalité. Je m'attendais à mieux, j'ai été encore plus déçue. Galveston est un film sans plus ni moins, un film qui se noie parmi tant d'autres "pourquoi pas" qu'on sélectionne pour passer le temps un dimanche après-midi.
Les performances des acteurs sont louables, même mémorables dans leurs contrastes entre Elle Fanning qui nous montre une Rocky fragile mais tenace, et Ben Foster dans un Roy en pleine débauche mais sauvé par l'instinct paternel si l'on peut dire. Quelle belle scène que celle ou
Roy recouvre le corps nu, désavantagé et vide de Rocky, et dans un soucis d'humanité il la recouvre, parce que c'est ce qu'elle était avant tout, ce qu'il avait oublié d'être avant de la rencontrer dès le premier regard
Je me souviendrais en tout cas de ce long plan séquence magnifiquement chorégraphié dans l'usine -le suspens en hors champ est palpable-, de ce corps vidé et laissé à l'abandon sous les rayons du soleil, recouvert d'un rideaux floral (une référence biblique à Eve dans le Jardin d'Eden peut être ?), la performance très éprouvante de Elle Fanning en larmes, et leur magnifique danse passionnelle amicale/paternelle.
On aime Galveston, Mélanie Laurent réussit à nous toucher directement par notre plus profonde empathie dans ce va et vient de douceur/violence. Le film intrigue, porte jusqu'à la fin sans qu'on en demande plus, mais reste sous le radar de la bonne surprise. Américain, mais trop, le mélange entre road-trip et le couple gangsters/prostituée hasardeux est peut être trop fin et ne laisse pas le temps d'exposer comme il se doit toute la complexité de la relation pour marquer les esprits.
Si je devais citer des films qu'on aurait mélangé dans une marmite pour en arriver là, ce serait La chevauchée sauvage (le road trip évasif), Les frères sisters (la fuite inatendue), The Florida Project (motels perdus et lieux idylliques) et Mary (tout plaquer pour une petite qui n'a rien demandé).