Oscar est coincé dans un boulot minable jusqu’au jour où il tire profit d’un imbroglio pour se faire passer pour le meurtrier d’un requin.
Gang de requins s'avance dans le sillage des productions d'animation contemporaines, mais peine cruellement à égaler la somptuosité visuelle et la profondeur narrative d'un Monde de Nemo. L'esthétique générale, hélas, s'avère souvent terne, les textures peu inspirées et les couleurs parfois criardes contribuant à une impression de manque de raffinement.
Les personnages, en dépit de la distribution vocale prestigieuse, demeurent généralement insipides, dépourvus de nuances et de complexité. L'intrigue, quant à elle, se complaît dans des poncifs thématiques usés, tels que l'acceptation paternelle de la différence, traités avec une prévisibilité déconcertante. L'humour, bien que présent, oscille souvent entre le plaisant et le trivial, provoquant davantage des ricanements que des éclats de rire joyeux.
Néanmoins, le film ne manque pas d'atouts notables. L'anthropomorphisme poussé à l'extrême, qui attribue aux poissons les traits des acteurs qui leur prêtent leur voix, s'avère une idée originale et visuellement saisissante. Le concept du requin végétarien apporte une touche de fraîcheur et d'inattendu. Les séquences qui pastichent brillamment les films de gangsters, quant à elles, témoignent d'une réelle maîtrise de la parodie et offrent des moments de divertissement authentique.
Bref, le dessin animé se révèle être une œuvre mitigée, oscillant entre l'inspiration géniale et la banalité affligeante. Le film divertit, certes, mais peine à marquer les esprits par sa profondeur ou son originalité. Il s'agit d'un divertissement honnête, mais loin d'être mémorable.