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Lors de sa sortie en salles le 23 septembre 1981, Garde à vue a trouvé son public puisqu'il se classera deuxième derrière la première croisade d'Indiana Jones*, les cinéphiles ayant donc suivi l'avis d'une critique emballée. Un plébiscite qui sera d'ailleurs récompensé par 4 Césars lors de la 7ème cérémonie du même nom. Franchement, ça calme. Il est vrai, que si l'on se penche sur la fiche technique, c'est le casting de rêve. Claude Miller à la réalisation, Audiard aux dialogues, et un quatuor de vedettes (Ventura, Serrault, Schneider, Marchand) qui n'ont plus rien à prouver pour donner vie à cette sinistre histoire. Pour sûr, on a vu des réveillons plus joyeux !
S'inscrivant dans le genre du huis-clos, le film ne peut dès lors compter que sur son scénario et la confrontation de ses personnages pour susciter l'intérêt du spectateur. Le tout est habilement mis en scène, avec des plans flashbacks illustrant des faits ou appuyant les accusations portées par l'inspecteur Gallien (Ventura). On y ajoute la pression de la machine judiciaire, et l'étroitesse de bureaux d'apparence soviétique pour poser une atmosphère tendue, oppressante appelée à exploser d'un moment à l'autre... Ce qui ne manquera pas de se produire, dans un déluge de violence (contenue malgré tout) justifiée par l'horreur des faits reprochés au "pauvre" notaire Martinaud (Serrault) qui se retrouve donc gardé à vue, sur le siège des accusés.
Tout l'intérêt du film réside en effet dans cette confrontation attablée*, le Bien étant persuadé qu'il a en face de lui le Mal, et que ce dernier a bien du mal (!) à fournir des preuves de son innocence. Oui, il connaissait une des victimes, oui, il était présent sur les lieux, et re-oui, il ne se souvient pas bien de tout. Gardé à vue la nuit de la Saint-Sylvestre, entre deux arbres de Noël et des annuaires téléphoniques, tout le monde a envie de rentrer chez soi, les deux parties vont au plus vite. Surtout Gallien qui accuse et met la pression, croyant détenir le coupable ; et c'est totalement magnifié par le montage "à charge".
- Nous avons retrouvé votre voiture sur les lieux !
(Insertion de la voiture du notaire sur le parking). Celui-ci s'en défend :
- Oui mais j'étais au bistrot...
Le spectateur, totalement perdu ne sait pas trop ce qu'il doit penser : l'enquête semble concluante, et les plans insérés semblent la valider. Problème, Martinaud jure qu'il n'y est pour rien, et sa pugnacité force l'inspecteur à obtenir des aveux. C'est ce duel, entre deux grands acteurs, plus quelques autres, auquel nous assistons dans ce film malheureusement pas aussi sensationnel qu'on le voudrait.
Pour tout dire, on a l'impression de regarder le brouillon de Usual Suspect et de son Keyser Söze qui a jadis mené Hollywood en bateau.
C'est que, malgré les qualités du film, c'est quand même plutôt mou, ça ne décolle jamais vraiment, et pour tout dire on cherche encore où sont les dialogues d'Audiard. Je suis à peu près sûr que personne n'a retenu la moindre réplique (culte) de ce film, car il n'y en a pas... Sujet trop sérieux peut-être ?
Il n'en reste pas moins, qu'en 1981, ce film atypique avait de quoi marquer les esprits. Aujourd'hui, il est un peu dépassé parce qu'on a fait beaucoup mieux depuis (Reservoir Dogs, Usual Suspect, USS Alabama).
En vérité, je me suis ennuyé "grave", mais je suis resté jusqu'au bout, pour le duo d'acteurs, et ce semblant de Columbo à l'envers.
Un film à voir, sans doute pas à revoir...
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* les Aventuriers de l'arche perdue.
* En référence au titre du roman qui a inspiré le film.
Créée
le 1 déc. 2023
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