Gaspard et son ami Samplan (Raimu) sont deux forgerons en proie aux iniquités du temps (celui de Louis XVI), à l'avidité d'un usurier et aux crimes des autorités. C'est une entrée en matière un peu longue et discursive (dialogué par Carlo Rim) qui permet à Raimu un couplet un rien convenu sur les pauvres qui sont exploités et une harangue pré-révolutionnaire à peine en avance.
Il faut donc un certain temps avant que les deux compères prennent les armes et se constituent bandits de grands chemins, à la façon de Mandrin, leur modèle, qui détroussait les riches pour le profit des pauvres. On peut mesurer à ce moment la pauvreté de la réalisation et le filme souffre pour l'essentiel de l'incapacité d'André Hugon de mettre en scène une aventure et un film d'action. A la tête de sa bande armée, Gaspard de Besse attaque les diligences, affronte les soldats et ça n'a rien d'un grand spectacle. Le cinéaste ne s'embarrasse d'aucune finesse et donne dans le raccourci narratif sans élégance pour raconter cette histoire inspirée d'un drame authentique à l'accent provençal.
Dans le rôle-titre, Antonin Berval fait un héros et joli cœur vieillot et peu convaincant ; il partage la vedette avec Raimu, qui fait du Raimu avec sa grosse voix et son regard solennel qui fixe le lointain, et qui est préposé aux quelques notes d'humour. Les autres personnages sont très rustiques pour ne pas dire simplistes au dernier degré.