Je n'ai jamais considéré Matt Damon comme un grand acteur. J'ai notamment toujours eu un doute dans sa capacité à retranscrire à l'écran ses émotions.
Certes un peu plus de certitudes sur Casey Affleck.
En préambule, on pourra également avertir que le traitement austère et que le scénario réduit à un fil très ténu en rebuteront plus d'un.
De l'amitié
Ceci étant dit, les liens qui unissent les deux hommes sont retraduits sans faire appel à des grands discours ni effusion de sentiments.
Tout en pudeur et subtilité.
J'ai donc été épaté par ma capacité à ressentir avec eux des émotions de désespoir, de doute, de tristesse ou ou donc tout simplement d'amour.
Maitrise cinématographique
Epaté donc par la capacité de Gus Van Sant à partager leurs sentiments grâce à sa narration et sa réalisation :
- plans larges des paysages, que ce soit sous le soleil ou dans l'obscurité
- gros plans sur les regards
- usage des champs contre-champs dans leurs instants d'immobilité apeurée,
- dialogues, rares mais déterminants,
- musique discrète mais qui participe à la force de la narration.
De la nature sauvage
Aussi, à tous ceux qui - comme les deux jeunes gens - ont tenté une ballade mal préparée et ont eu la peur de leur vie en se croyant perdus, je conseillerai le visionnage de Gerry.
Au passage, n'oublions pas que le film est tiré de faits réels.
Et à tous ceux qui auraient la velléité de découvrir la nature sauvage de l'Ouest des Etats-Unis, foncez ! Mais évidemment, préparez vous !
Les séquences émotions qu'offrent les randonnées dans les parcs naturels de Californie, du Nevada, de l'Utah ou encore de l'Arizona sont inestimables. Grand Canyon, Vallée de la mort, Monument Valley, Brice Canyon ou encore Canyon lands...
Bref un film aux paysages envoutants et d'une rare maitrise cinématographique.