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le 22 mai 2017
SuivreI told you so
Bon, pour ceux qui n'ont pas vu le film, passez votre chemin. Ce qui m'a attiré de prime abord, c'est le "genre : horreur" annoncé par la com sur la toile couplée au pitch: "Chris est noir. Chris...
...que tout le monde aura oublié dans 6 mois!
Ça y est. Ils est là. Le pétard mouillé érigé en chef d’œuvre, porté par l'émulation plus que l'admiration.
Et là, déjà, vous vous dites "Mais quel connard!". Et vous n'avez pas tout à fait tort. Bien évidemment, l'engouement ambiant a influencé l'écriture de cette critique. Peut être, s'il avait été le petit film boudé par le public et les médias, peut être, alors, m'aurait-il soutiré une ou deux étoiles supplémentaires. Peut être, même, que les tragiques paragraphes que vous vous apprêtez à subir n'auraient jamais vu le jour.
Mais comprenez moi. Ici on parle de "coup de maitre", de film "terrifiant", de "parfait" et même de "culte". N'y voyez aucun élitisme, mais il faut bien que je m'adapte face à tant de superlatifs. Et ce n'est pas facile. D'un côté, le respect du lecteur. De l'autre, l'intégralité du champs lexical de la scatologie.
Le choix est cornélien, soyez-en sûr.
Bref. Je vais faire de mon mieux (ou de mon moins pire).
Get Out, donc, est un film estampillé Blumhouse Productions, et il me semble important de le noter.
Cette maison de production est célèbre pour ses films d'horreurs blindés de "jump scares" au rabais et Get Out ne fait pas exception. C'en est même étrange, tant la première scène du film était prometteuse.
En effet, cet excellent plan séquence dissimule tout ce qui pourrait faire retomber la tension en utilisant intelligemment le décors, faisant de lui le véritable ennemi pour le protagoniste.
C'est subtile, efficace, et ça a de la gueule!
Malheureusement, il y a tout le reste.
Subtile, le film ne le sera plus jamais. Et les jump scares sonores de s'empiler sans véritable raison. Les poncifs du genre sont tous passés en revus: l'apparition surprise (Bouh!) derrière une fenêtre, l'apparition surprise (Bouh!) au loin d'une menace qui court vers le héros (ringardisé par It Follows), la porte qui se ferme et (Bouh!) apparition surprise, j'en passe et des pas forcément meilleures...
Vous allez me dire: "Ok, mais y a pas de quoi faire caca des pendules. Et le reste?"
Ce à quoi je répondrai: primo, vous allez arrêter de parler pendant que j'écris, et secundo, c'est à l'image du reste du film, car il s'évertue à saborder tout ce qu'il entreprend.
Et c'est un festival!
Il commencera par essayer de développer des personnages ambigus (je dis bien "essayer") pour ensuite sombrer dans les pires caricatures. D'un ton réaliste, il passera au grand guignol faisant fi de toute cohérence. Lorsque la tension atteindra difficilement le niveau 0.5, elle retombera immédiatement par l'intervention d'un ressort comique bas de plafond.
Et, cerise sur le gâteau, le "propos" si "novateur" sera évacué en une réplique littéralement balancée à la face du spectateur. C'en serait presque prodigieux.
Je pourrais encore m'attarder sur tout ce qui ne marche pas dans ce film, comme l'enchainement des scènes (le héros abasourdis par une révélation qu'il a pourtant compris 15 minutes avant) ou le manque de rythme, mais ce serait beaucoup de temps perdu pour ce qui n'est, au final, qu'un non-film.
Loin d'être laid sur la forme, le film est un rétropédalage permanent qui s'efforce de ne rien apporter sur le fond. Ses procédés horrifiques sont archaïques et son intrigues pas plus originale qu'elle n'est assumée.
Le film de l'année, à n'en point douter...
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Le Panthéon de l'Overhype
Créée
le 22 mai 2017
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le 22 mai 2017
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