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Ghost Dog est le récit d’un vagabond des temps modernes se soumettant à un code d’honneur ancestral samourai. Influencé par le Samourai de Jean Pierre Melville, c’est l’œuvre hybride d’un réalisateur qui transforme une simple histoire de règlement de compte entre mafieux en une odyssée mystique, où le mutisme d’un homme s’entrechoque avec le flow vindicatif hip hop qui inonde sa chaine stéréo, où ses sorties nocturnes sur le bitume vibrent à l’unisson avec les beats de la bande son allégrement balancée par RZA. Ici, pas de fioriture scénaristique ou esthétique, la réalisation est simple, mais d’une justesse classieuse qui incite le respect.

Jim Jarsmusch entremêle séquence contemplative avec moments de gunfights simples et efficaces. Evasif et éclectique, Ghost dog est le portrait d’un homme seul, méditatif, au talent de tueur foudroyant, qui suit des écrits samouraïs comme un dogme auquel il se conforme, sans que cela soit montré comme un préchi-précha sur la zen attitude. Sauvé de la mort par un mafieux italien quand il était encore jeune, Ghost Dog deviendra un tueur professionnel et lui vouera une loyauté et une fidélité à toute épreuve, comme un vassal. Mais une mission ne se déroulera pas comme prévue et cette mafia italienne aura à cœur de le tuer. A partir de là, le réalisateur américain embellit son film d’une poésie presque pessimiste, d’une humilité hypnotique.

Incarné par un Forest Whitaker habité, Ghost Dog avec son look de gangsta rap, son érudition, sa méthode de communication fait de pigeon voyageur, ayant comme seul ami un vendeur de glace incompréhensible dénote dans un monde vivant et presque impersonnel ne suivant aucune forme de valeurs morales. Le film de Jim Jarmusch est un mélange des genres perpétuel, un croisement incessant entre Série B et récit initiatique, entre imagerie has been mafieuse et cool attitude (ranger son gun comme un sabre), entre académisme feutré cinématographique et soubresaut hip hop old school, entre tristesse et humour léger, faisant de ce Ghost Dog une œuvre unique, au rythme lent, presque crépusculaire.

Velvetman
9
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