Pas vraiment convaincue. Je trouve le postulat même du film assez ennuyeux et kéké : un type veut retrouver la trace d’éléphants "qui-sont-les-plus-grands-zéléphants !!". Les premières quinze minutes suffisent à faire de Steve Boyes un des protagonistes les plus lisses des docus d'Herzog. Il ne possède pas ce petit brin de folie sacrificielle et cette sorte de curiosité morbides que l’on trouvait dans Grizzly Man, Gasherbrum, L’extase du sculpteur sur bois Steiner, et reste incapable d'expliquer ses motivations au-delà d’un plat "c'est comme dans Moby Dick".
Herzog mentionne succinctement la chasse coloniale, extraits vidéos à l’appui, avant d'expliquer que tout ça : c'est fini. Assez ironiquement, le film démontre malgré lui le contraire ! Boyes poursuit un même rêve teinté de virilisme et de colonialisme. Les chasseurs colons se targuaient d’avoir abattu des bestioles parmi les plus grandes ayant foulé la Terre ; on déploie d'immenses moyens scientifiques et logistiques dans l’espoir puéril de cataloguer l’éléphant le plus grand.
Autre instance où le documentaire désamorce son protagoniste : tous les personnages autochtones ont un rapport bien plus motivé et pertinent aux éléphants. Un roi explique quelle place ils tiennent dans les traditions de son peuple, Xui le trappeur et ses acolytes connaissent chacune de leurs habitudes et parvient presque à eux seuls à les localiser. Tous ont plus à dire, mais prennent avec difficulté une place tant la mission est organisée autour du rêve de Bowles.
Niveau formel, j'ai trouvé le docu assez plat, ce qui n'aide en rien. La production par NatGeo rend les images très belles, calibrées (et probablement léchées ? c'est comme ça qu'on dit ?) mais peinent à distinguer le film d'un reportage mainstream de télévision. Ça s'en ressent également dans les quelques moments de vulgarisation historique/scientifique qui ne volent pas bien haut. En outre, il y a quelques scènes qui n'ont vraiment rien à faire là. Ce sont les meilleures de très loin ! Mais elles sont peu nombreuses et paraissent presque oubliées au montage.
Par exemple : à un moment, Herzog divague sur le fait que le bousier roule le soleil dans la mythologie égyptienne (5000km de distance du lieu du film) sans que cela n'apporte absolument rien au film. Merci papi, tu arrives quand même à distiller de l'étrange mystique même sans faire exprès. ❤️