Werner Herzog est à la recherche d'animaux mystiques dont, pour prouver l'existence, nous disposons uniquement d'indices et de signes vagues.
Le tout dans un lieu reculé de toutes civilisations, routes et infrastructures.
L'inconnu au carré.
On se croirait au XIXème siècle, au temps des explorateurs/colonisateurs européens en quête d'aventures.
Herzog redonne par ce film un regard qui explore l'inconnu, qu'il soit géographique (plaines montagneuses de l'Angola) ou vivant (éléphants géants).
Par cette double exploration le film réinvesti la Terre comme lieu d'inconnus rempli de zones d'ombres.
Et cela fait du bien, voire rassure, de se dire qu'il existe encore des lieux, des êtres vivants qui échappent aux yeux et mains prédatrices de l'homme. Qu'une vie autre, sauvage, persiste.
Réinvestir le réel comme lieu inexploré, assumer qu'il existe encore des énigmes terrestres à dévoiler.
Herzog met le cinéma à ce service en délivrant un message clair : le mystère existe toujours et la beauté est inépuisable pour peu que le regard se pose suffisamment sur ceux où il subsiste.