Rob Schneider. Quand on a dit ça, on a tout dit.
Ou presque.
Avec Rob Schneider en tête d’affiche, Deuce Bigalow : Gigolo malgré lui qui fait suite à Deuce Bigalow : Gigolo à tout prix s’annonce lourdingue. Et pas de mystères, il l’est. Tout comme il est paresseux, prévisible, mais aussi plus que limite en termes d’idéologie (notamment une homophobie++ présente pas tant dans les gags (quoique) que dans une certaine insistance), Deuce Bigalow : Gigolo malgré lui ne se situe pas tant dans l’humour gras que dans la stupidité crasse. Et quelque part, si c’est régulièrement à gerber, c’est aussi un peu fascinant.
En fait, Deuce Bigalow : Gigolo malgré lui, en VO Deuce Bigalow : European Gigolo, dont l’action se situe à Amsterdam, n’est pas sans rappeler Eurotrip dans ses péripéties top ouf et son côté l’Europe vu par le nord-américain moyen... on trouve d’ailleurs Fred Armisen dans les deux films, tantôt en caricature de français, tantôt en caricature d’italien. Si Deuce Bigalow : Gigolo malgré lui est moins constant et, beaucoup moins sympathique aussi, que Eurotrip, on y retrouve néanmoins cet équilibre curieux qui fait qu’il est tout aussi prévisible que surprenant.
Le film regorge à ce titre de passages qui n’appellent comme réaction que des « Non, non, mais nooon » désabusés ; non pas qu’il soit particulièrement trash comme veulent bien le faire croire ses taglines, mais le film a un côté con qui ose tout vraiment exacerbé : c’est pas drôle mais il y va et il en rajoute, encore et encore, comme un enfant en manque d’attention. Mention spéciale à la scène où Antoine Laconte (Oded Fehr) essaie de faire comprendre à Deuce Bigalow (Rob Schneider) qu’il a avalé de travers est un modèle de surjeu et de surenchère.
Voilà. Et vas-y qu’Eddie Griffin mange des frites tombées dans le fond des chiottes chez une inconnu, et vas-y qu’Rob Schneider balance un nain par la fenêtre dans un canal qui atterrit dans un petit ploc, et vas-y qu’on va, parce que sa mère bossait à Tchernobyl, affubler un personnage féminin d’une bite en guise de nez et dérouler tous les gags possibles de l’érection à l’éternuement. Mais ça, c’est pour les pics, parce que globalement, Deuce Bigalow : Gigolo malgré lui, à la différence de Eurotrip, c’est quand-même un peu chiant. Même si, petit bonus, sa VF met en avant un gros gros panel d’accents improbables.
En bref, à regarder uniquement accompagné.
Double note : 2,5 en mode solo, 7 en multijoueur.
Jouez au bingo des clichés avec ce film, qui totalise 54 ingrédients
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Bonus
Enfant qui joue mal
Personnage > Agissement
Fait un clin d’œil de connivence lourdement appuyé - Deuil | Parle à sa mère/son père/sa femme qui est au ciel - Oups ! | Prend de la drogue à son insu - Provocation | Souffle la fumée de sa cigarette au visage de son interlocuteur - Souvenirs | Regarde (avec tristesse/nostalgie) une photo de sa femme/son mari/sa fille/son fils - Stylé | Se fait allumer sa cigarette / allume la cigarette de quelqu’un
Personnage > Caractéristique
Interprétation | En fait des caisses
Personnage > Méchant·e
Mégalo | Badguysplaining
Réalisation
Caméo - Course poursuite | Gros plan du pied sur la pédale d’accélération ou de freins - Course-poursuite | Voiture qui décolle, filmée en contre-plongée - Fin | Que sont-elles/ils devenu·es ? - Grammaire | Passage musical - Habillage | Incrustation de texte sur l’écran : lieu, date, heure, etc. - Média | Point de situation par un reportage télé, radio ou presse écrite - Méthodique | Raye un nom sur une liste - Tension | Caché·e
Réalisation > Audio
Ambiance sonore | Aaaah, ce petit air au piano en arrière-plan sonore des scènes qui se passent au restaurant - Bruit exagéré | Accessoire - Bruit exagéré | Coups donnés lors d’un combat au corps-à-corps - Bruit générique | Chat
Réalisation > Surprise !
Faux suspense !
Scénario > Blague, gag et quiproquo
Bite, chatte, cul (gag) - Comique de répétition - Donne à son insu des coups avec un bagage ou un objet encombrant - En fait des caisses (personnage) - Est bourré·e ou drogué·e (gag) - Est éclaboussé·e par un fluide - Gag avec la police - Gag avec un animal - Passe à travers une vitre : éjecté façon saloon (gag) - Quiproquo de situation - Recrache sous le coup de la surprise ou du dégoût - Son perçant qui explose un truc en verre - Utilisation d’un mot pour un autre qui souligne une situation génante
Scénario > Dialogue
Répliques à la con
Scénario > Élément
Embuscade | Voiture poussée sur un passage à niveau à l’approche d’un train - Interruption des programmes pour un flash spécial
Scénario > Ficelle scénaristique
Cauchemar | Se réveille en hurlant/en sueur/en sursaut - La chatte à Maurice (ou anti-chatte à Mireille)
Thème > N’importe quoi
Carton-pâte | Licence audio-visuelle - Impossible de ne pas remarquer pas ce truc bizarre dans sa bouffe !
Thème > Rejets, moqueries ou discriminations
Accents étrangers caricaturaux - Asianophobie - Homophobie - Objectification sexuelle | Reluque un homme - Prostitué·e
Thème > Sexisme hostile à l’égard des femmes
Objectification sexuelle | Nichons, fesses - Objectification sexuelle | Reluque une femme - Objectification sexuelle | Tenues légères - Outrage sexiste | « J’ai baisé ta femme/ta mère » / « Demande à ta femme » / « Je lui ai montré une photo de ta femme »
Thème > Testostérone
Objectification viriliste | Corps musclé mis en valeur - Véhicule | Appuie sur le champignon, montre que t’en as dans le caleçon
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Barème de notation :
- 1. À gerber
- 2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées
- 3. On s'est fait grave chier
- 4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là
- 5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas
- 6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu
- 7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème
- 8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème
- 9. Gros gros plaisir de ciné
- 10. Je ne m'en lasserais jamais