Un film plutôt optimiste et lumineux, chronique de l'Amérique profonde, mélodie douce amère des laissés pour compte d'un bled paumé comme il en existe des milliers, où le point d'orgue de son Histoire sera l'arrivée d'une chaîne de fast-food.
On y suit la vie de Gilbert, jeune homme propulsé trop tôt chef de famille par interime suite à la mort de son père et la dépression de sa mère, entre petit boulot et petites aventures, entre ses petites soeurs (malheureusement abandonnées par le scénario qui aurait mérité d'être plus ample et de développer les seconds rôles), et son petit frère autiste dont il doit s'occuper constamment.
Le scénario se suit agréablement même si ça reste très classique et très convenu (comme tous les films de Lasse Hallström), et on se laisse avec plaisir emporter par l'émotion (comme dans tous les films de Lasse Hallström). Johnny Depp et Léonardo DiCaprio sont plutôt convaincants, ce dernier crevant l'écran autant que l'autre est transparent (s'effaçant comme son personnage derrière tout le monde), l'un rêvant de s'enfuir de cette prison à ciel ouvert, l'autre faisant parti d'un autre monde dont lui seul à les clés.
Un petit film comme Hollywood n'en fait plus, au classicisme joliment suranné, mais un peu trop propre pour vraiment marquer les esprits, comme une image d'Épinal qu'on aimerait croire vraie mais qu'on sait être une carte postale pour touristes. Oui, c'est ça, ce film est pour moi une carte postale d'une Amérique aujourd'hui disparue, où les plus pauvres ne survivaient pas comme maintenant dans leur voiture garée sur un parking de centre commercial, mais vivaient en paix dans leur vieille maison au milieu de la nature, construite des mains de leur père ou leur grand père.
Une chose n'a cependant pas changé, l'espoir que peut-être un jour tout ira mieux pour eux.