Drame rugueux, parfois trop appuyé, mais porté par une Vanessa Hudgens transfigurée !

Elle avance, capuche rabattue, comme un fragment de nuit qui aurait décidé de respirer. Gimme Shelter, réalisé par Ron Krauss, glisse d’abord comme un rapport social brut, puis s’ouvre en plaie vive : Ambre, seize ans, (une Vanessa Hudgens méconnaissable) cherche une sortie dans un monde qui la mord. Sa mère, June – Rosario Dawson, tempête charbonneuse – n’est pas un refuge mais une frontière, une claque rémanente. Le père (Brendan Fraser) ? Une silhouette de regrets, un visage trop propre pour cette boue.


La caméra ne caresse pas ; elle racle. Couloirs d’abri, motels crasseux, lumière qui tremble comme une ampoule en fin de vie. Pas de romantisme, presque pas de musique : la bande-son respire à peine, un battement sec, comme si le film refusait le pathos mais voulait quand même qu’on entende le sang.


Hudgens, elle, surprend. Oubliez la star Disney : elle grogne, elle s’effrite, elle s’ancre dans un réalisme qui griffe. Dawson, hallucinée, traverse l’écran comme une fièvre. Leur face-à-face, c’est deux abysses qui se regardent : mère-couteau, fille-boussole. Et quelque part, la directrice du foyer (Ann Dowd, souffle discret) offre la seule respiration, une humanité qui ne se proclame pas.


Krauss, parfois, s’égare dans une ferveur quasi prêcheuse ; quelques répliques sentent le sermon. On peut tiquer : la grâce chrétienne vient trop frontalement, comme un mot souligné au feutre. Mais au-delà de ce zèle, il reste la sincérité d’un récit qui cherche la dignité dans la poussière. C’est peut-être cela, le vrai cœur : pas la morale, mais la ténacité.


Parce qu’au fond, Gimme Shelter n’est ni miracle ni fable. C’est l’histoire d’un corps qui refuse l’héritage de la violence, d’une fille qui choisit l’intranquillité plutôt que la répétition. Une victoire sans applaudissements, une survie têtue. Le film ne demande pas qu’on l’aime ; il exige qu’on le regarde.


Note : 14/20. Drame rugueux, parfois trop appuyé, mais porté par une Vanessa Hudgens transfigurée et une mise en scène qui gratte la surface jusqu’au nerf.


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Le-General
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le 13 sept. 2025

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