Dans Ginger & Rosa, Sally Potter explore les tourments de l’adolescence à l’ombre d’un monde en mutation, mais l’émotion reste étrangement distante.
Si j’ai trouvé le jeu d’Elle Fanning parfois irrégulier, elle parvient malgré tout à rendre Ginger touchante dans sa vulnérabilité, tout comme le reste du casting qui, sans briller, reste globalement juste. La force du film réside dans cette ambigüité relationnelle, notamment au cœur du récit, où l’amitié entre Ginger et Rosa glisse et se trouble en se redéfinissant de manière subtile.
Mais ce fragile équilibre est vite mis à mal par une mise en scène qui m’a laissé de marbre. Il y a une volonté d’émouvoir, presque larmoyante, qui évoque parfois les films de Sofia Coppola, sans en retrouver l’onirisme ou la justesse sensorielle. Les plans à l’épaule trop serrés du début m’ont paru étouffants, et les coupes trop abruptes cassent souvent le rythme émotionnel. S’ajoute une dissonance déroutante entre la peur de la bombe atomique et la tragédie familiale, deux fils narratifs qui ne semblent jamais vraiment se rejoindre.
Un film dont les intentions sont nobles mais qui, à mes yeux, peine à faire naître l’émotion qu’il convoite.