Les films racontant les confrontations entre 2 générations et d’univers différents, sont légion [cf. « Le grand chemin » (1987) de Jean-Loup Hubert, pour n’en citer qu’un]. Celui-ci, sans être révolutionnaire, apporte beaucoup de sensibilité et de finesse, sans tomber dans le manichéisme et la caricature : Nico (Marco Fiore), fils unique, dont la nourrice, Violetta, est partie se marier et vivre à Paris, est confié à sa grande tante, Gela (Aurora Quattrocchi, Sicilienne, 83 ans), qui vit à Trapani (pointe occidentale de la Sicile). Après une mise en bouche construite sur les oppositions (Nico accro au smartphone, dégouté que Gela n’ait pas internet et n’appréciant pas la cuisine traditionnelle tandis que Gela est pieuse, célibataire sans enfants mais avec un chien Carlin, Frank (sic), cardiaque, et pleine de rituels, comme la sieste, la fermeture des rideaux en été pendant la journée), le film montre bien, l’apprentissage de l’autre, d’une part à travers Nico (qui croyait être revenu au Moyen-âge) et Gela (qui lui confie une partie de sa vie), et d’autre part, de Nico avec les autres enfants en vacances chez leurs grands -parents et notamment Rosa, la seule fille du groupe d’enfants de l’immeuble. Sans oublier la solidarité entre les personnes âgées voisines. Etonnant que le film se termine, musicalement, par la valse du « Beau Danube bleu, opus 314 » (1866) de Johan Strauss fils. Peut-être pour symboliser l’état d’esprit apaisé des protagonistes.