Give me liberty est à l’image de son réalisateur: généreux et bouillonnant.
Kirill Mikhanovsky est bavard, amusé par la vie et ses anecdotes qu’il adore raconter et dont il semble ne jamais être rassasié.
Il est aussi d’origine russe, a grandi a Millwaukee et a exercé en tant que chauffeur pour personnes handicapées.


Autant dire que si le film n’est pas autobiographique, il est quand même très imprégné de l’expérience de son créateur et une fois qu’on a vu le film, il suffit de quelques échanges pour réaliser combien il ressemble à son créateur.


Give me liberty est un film-gag: en suivant le périple de Vic et son van à travers la ville, on rencontre une galerie de personnages hauts en couleur, avec lesquels le jeune homme expérimente la loi de murphy: tout ce qui doit mal tourner tourne mal.


De petits services en grands écart avec le règlement, le garçon s’embarque dans une histoire rocambolesque, où il doit répondre aux ordres de son patron, aux attentes de clients excédés, aux demandes excédées des anciens de la communauté russe qui font appel à sa fibre généreuse.
Vic a la vingtaine, mais contrairement à la jeunesse qu’on taxe facilement d’égoïste, il est un modèle d’altruisme. Ce qu’il veut, c’est avoir le moins de problèmes possibles, et pour ça il va aider à peu près tout le monde.
Se faisant, il plonge dans une cacophonie de plaintes et de sollicitations: c’est assourdissant, c’est insupportable mais lui reste là, a priori indifférent, et toujours nonchalamment humain.


Give me liberty est une ode à l’amour de son prochain, une célébration des différences, un portrait joyeux des oubliés de la vie, et pourtant un appel à se sauver soi-même.
Vic va devoir faire un chemin peu commun: cesser de penser d’abord aux autres, parvenir à se révéler, à se battre pour ce qui lui est cher, à concilier le secours qu’on peut apporter à autrui et la part d’égoïsme nécessaire pour pouvoir continuer.


Give me liberty est un film sensible, truffé de jolis mots et moments, de personnages hauts en couleur, plein de rebondissements absurdes, mais surtout c’est le portrait d’un jeune homme pour lequel on éprouve instantanément beaucoup d’affection et auquel on souhaite tout le bonheur du monde.

iori
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le 9 juil. 2019

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