En 2000, le touche-à-tout Ridley Scott surprit son monde en réalisant le plus improbable des projets : un péplum. Le genre étant oublié voire ringardisé depuis longtemps, c'était un pari risqué que de le ramener à la vie et qui plus est dans le nouveau millénaire. Pourtant, avec un scénario étonnamment épique, empli d'émotion et de réalisme, le metteur en scène britannique réussit son pari et propose un film aussi magnifique dans le fond que dans la forme, Gladiator étant sans nul doute l'un de ses plus époustouflants chefs-d’œuvre...
Il faut dire que l'an 2000 fut un retour remarqué pour Ridley Scott, la fin des années 90 ayant été pauvres en films marquants. C'est donc l'occasion pour l'aîné des frères Scott de se remettre en selle, nous livrant ainsi une œuvre inoubliable portée par un casting fabuleux. Connu de façon relativement modeste, Russell Crowe crève ici l'écran grâce à une composition tout bonnement ahurissante où, littéralement habité par son personnage, il DEVIENT Maximus, le soldat devenu esclave luttant contre un passé anéanti par un empereur jaloux et mégalo (effrayant Joaquim Phoenix, le rôle de sa vie) et culminant une rage superbement mise en image dans des combats de gladiateurs aussi passionnants que sanglants. Le film est long, prenant, violent, avec des dialogues précis et une trame politique passionnante qui permet au métrage d'assumer pleinement ses 2h30 tout en restant limpide.
Scott assure quant à lui une mise en scène frôlant la perfection : de la bataille du début où s'affrontent dans les éclats de braise l'armée des Romains contre celle des Germains à ce duel final bouleversant en passant par les nombreux combats dans l'arène, le réalisateur de Blade Runner réussit à nous immiscer dans le Rome du IIe siècle avec une efficacité désarmante, le tout soutenu par la sublime musique d'un Hans Zimmer inspiré. De plus, les décors pharaoniques et les effets visuels magistraux s'ajoutent à une interprétation inoubliable, faisant indéniablement de Gladiator une réussite inattendue et un film culte resté depuis dans les annales du 7e Art.