J'avais adoré Knives Out, son côté whodunit avec son avalanche de rebondissements retors, son décor principal mémorable, sa mise en scène dynamique et, bien évidemment, son casting de gros malade qui pulvérise le mesureur de charisme. Il va sans dire que j'étais dans les starting blocks pour visionner ce deuxième volet des enquêtes de Benoît Blanc, sorte d'Hercule Poirot dans le corps de James Bond. Et c'est une déception...


Alors, il y a de bons trucs tout de même. Il y a un bon lot de révélations imprévisibles. Ce serait du mytho de ma part d'écrire que j'ai deviné tout bien à l'avance. C'est très loin d'être le cas. Il y a un lot d'indices finement disséminés à côté duquel je suis passé à côté, moi, avide lecteur d'Agatha Christie, donc habitué à prendre comme important le plus petit truc d'apparence insignifiant. Et... comment dire sans trop en balancer... disons que je croyais que dans un premier temps, on aurait eu le droit à juste un jeu qui tourne mal, du genre comme dans Poirot joue le jeu, mais non, ça bifurque vers autre chose... tant mieux... Disons que les flashbacks et les multiples points de vue d'une même scène vont être mis à contribution pour étonner le spectateur ne demandant qu'à être étonné... Autrement, il y a un changement de cadre bienvenu, contribuant à éviter l'impression de redite, en passant d'un Massachusetts gris et froid à une île grecque chaude et ensoleillée. Par contre, pour deviner la ou le ou les coupable(s), regardez du côté du cahier des charges woke...


Ensuite, si la charge contre les ultra-riches (oui, il faut mettre en mode "off" son cerveau sur le fait que le film existe grâce à des personnes qui n'ont pas à se plaindre du point de vue de la thune !) est assez féroce l'air de rien (avec un petit coucou en particulier pour Elon Musk !), en présentant une galerie de portraits de personnes publiques, plus mises en avant que jamais grâce au dieu Internet, qu'une partie non négligeable du public admire, alors qu'elles se révèlent être des abruties (dont seuls le ridicule et l'hypocrisie parviennent à dépasser le narcissisme !), je doute que les clins d'œil inutiles à la pandémie du covid passent bien l'épreuve du temps.


Et, en ce qui concerne la crédibilité,


je doute sincèrement qu'une serviette de table puisse être considérée comme un document administratif officiel et, en conséquence, une preuve assez solide pour établir quoi que ce soit. Du moins, elle peut être facilement contestée.


Pour ce qui est de la distribution, à part pour Dave Bautista, Edward Norton et, dans une moindre mesure, Kate Hudson, on ne peut pas dire, parmi les suspects, qu'un charisme affolant se dégage. Vous allez me dire que les noms que j'ai cités sont déjà pas mal pour combler les appétits les plus difficiles. D'accord, mais par rapport au film précédent, je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir de la déception. Et quitte à faire endosser à Hugh Grant le rôle du petit ami de Benoit Blanc, au lieu de le foutre uniquement là pendant cinq secondes pour révéler que le détective est gay (non, ceci apporte que dalle, que ce soit sur le plan de l'histoire ou sur celui du protagoniste, si ce n'est à cocher une case du cahier des charges woke !), ça aurait pu être intéressant de le faire apparaître plus longtemps. Au moins, l'aiguille du mesureur de charisme se serait agitée d'une façon significative et ça aurait pu apporter une autre dimension à Blanc.


Allez, je vais me dire que dans une série d'œuvres avec un même héros, il est inévitable de connaître de temps en temps des déceptions... à condition que cela reste de l'ordre de l'exception...

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le 24 déc. 2022

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Plume231

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