Tourné dans deux mines d'Afrique du Sud en plein apartheid, ce film a un cachet réaliste assez impressionnant; notamment, la longue scène d'introduction (16 min) qui traduit bien l'enfoncement et la subterranéité dans tout ce qu'ils ont d'éprouvant pour la psyché humaine. Comme l'a dit le réalisateur lui-même à l'époque: "C'était formidable de tourner sur place, dans une vraie mine, mais au bout de dix jours, on avait tous des crises de claustrophobie." J'imagine que le script portait une nouvelle catégorie, pour distinguer les intérieurs des extérieurs: la catégorie souterrains (altitude: - 2.500 mètres; prévoir casque et oxygène).
Si le film a tendance à présenter pas mal d'ambiguïtés (notamment parce que plusieurs de ses responsables sont issus de la franchise J*mes B*nd, en particulier Roger Moore, qui fait de gros efforts, notamment dans la scène de la baignoire avec Susannah York, où les répliques à double-sens deviennent enfin drôles, au lieu d'être juste salaces et misogynes, comme dans les JB), j'ai trouvé son rythme et son intrigue bien menés; la scène finale est étouffante à souhait (même si le sacrifice de Big est téléphoné, il est évident et indispensable au récit). On se prend à rêver de ce qu'auraient pu être les films de J*mes B*nd s'ils avaient eu de vrais scénarios cohérents, au lieu de la bouillie stupido-paranoïde habituelle (et que Ian Fleming lui-même méprisait, soit dit en passant).
Quant au fait que la corporation du film élabore un coup foireux pour faire monter sa cote en bourse en mettant en danger la vie de mineurs et d'ingénieurs, il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour prétendre que c'est imaginaire et exagéré ou que ce genre de choses n'arrive jamais dans la réalité. Nous vivons désormais à l'ère de Trump, Macron et Poutine, tous chefs d'états qui protègent et encouragent des pdg criminels, tout en étant payés par eux. Alors, camembert!
Bref, un film d'actualité; à montrer à toute personne qui croit que l'or est un matériau joli et naturel.