S'il pouvait encore faire illusion dans les années 80, Gold est maintenant très daté. A l'époque, le film se vendait sur l'image de Roger Moore, nouvellement promu agent 007. Donc, on retrouve ici le réalisateur d'un ancien Bond, un générique de Maurice Binder, une musique très James Bond compatible et d'ailleurs pas fameuse, un séducteur invétéré qui fait des blagues, et des scènes d'action. C'est finalement un peu dommage.
Car le film aurait pu être davantage consistant, avec son complot élaboré pour truquer le cours boursier de l'or, et son illustration de la vie des mineurs en Afrique du sud... Au lieu de ça, on a un film qui reprend les dispositifs d'un 007 de l'époque dans les moindres détails. Côté réalisation, c'est impersonnel comme de coutume dans les Bond des années 70, où le réalisateur s'efface devant le cahier des charges qu'il a à mettre en scène. Côté personnage, c'est d'un côté une mystérieuse organisation transnationale qui complote dans l'ombre et n'hésite pas à éliminer ses membres jugés défaillants, où John Gielgud joue les Blofeld de service. Côté antagoniste, outre ce deus ex-machina nécessairement impuni, le méchant de l'épisode a comme de coutume ses petites manies, vu qu'il a cette fois une obsession hygiéniste assez marrante.
Ce n'est pas un mauvais film au sens strict, vu que ça se laisse voir sans problème. Mais c'est terriblement balisé et l'un des nombreux exemples où, à partir d'un scénario intéressant, on aboutit à un produit à outrance commercial pour satisfaire les besoins marketing de l'époque.