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Troisième mission pour l'agent Bond, qui accueille avec Goldfinger un nouveau réalisateur en la personne de Guy Hamilton qui va installer cette aventure comme l'une des plus célèbres de la saga 007...
C’est le troisième film de la série et, fort du succès des deux premiers épisodes, son budget atteint 3,5 millions de dollars, somme considérable pour l’époque, ce qui se ressent à l’écran. « Goldfinger » est souvent considéré comme l’un des meilleurs James Bond, sinon le meilleur, et il est vrai qu’il ne manque pas de qualités. Plus encore, il fixe durablement la formule de la série : pré-générique spectaculaire, générique sensuel, gadgets imaginés par « Q », voiture mythique, super-vilain mégalomane, homme de main quasi invincible et projet criminel démesuré. Tous les épisodes suivants reprendront, peu ou prou, cette recette.
Le film aligne ainsi les morceaux de bravoure : une excellente séquence pré-générique, un superbe générique où les images se projettent sur le corps féminin, la musique inoubliable de John Barry magnifiée par la voix de Shirley Bassey, la légendaire Aston Martin DB5 et, surtout, un méchant d’anthologie, interprété avec un flegme remarquable par Gert Fröbe. Le personnage bénéficie de quelques répliques devenues cultes, dont la plus célèbre reste sans doute :
— Bond : « Do you expect me to talk ? »
— Goldfinger : « No, Mr. Bond, I expect you to die ! »
Mais celle-ci n’est pas mal non plus :
— Bond : « You'll kill 60,000 people uselessly. »
— Goldfinger : « Hah. American motorists kill that many every two years. »
Par ailleurs, nous sommes loin du politiquement correct contemporain. Le film surfe sur le climat de la Guerre froide — ici les adversaires ne sont plus les Soviétiques mais les Chinois, tandis que Goldfinger envisage de trouver refuge à Cuba — et véhicule une vision des rapports hommes-femmes typique de son époque. Si Pussy Galore apparaît comme une femme indépendante et particulièrement combative, le scénario laisse entendre qu'elle est lesbienne avant de la faire finalement succomber au charme de Bond, selon une conception aujourd'hui très datée de la sexualité féminine.
De surcroît, pour un film destiné au très grand public, « Goldfinger » se révèle parfois étonnamment cruel. La mort de Jill Masterson, retrouvée entièrement recouverte de peinture dorée, est devenue l'une des images les plus célèbres de l'histoire du cinéma, tandis que la scène où Bond est lentement menacé par un rayon laser demeure l'un des sommets de suspense de toute la série.
Mon principal reproche concerne la mise en scène. Si Guy Hamilton dirige l'ensemble avec beaucoup d'efficacité et une réelle élégance, son découpage manque parfois de nervosité. Je continue de préférer celui de Terence Young qui, dans « Bons baisers de Russie » notamment, insufflait aux scènes d'action une énergie et une tension supérieures.
Créée
le 7 mai 2021
Modifiée
le 8 juil. 2026
Critique lue 45 fois
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